Pompiers

Financer le budget extraordinaire des zones de secours: "sympathique mais pelliculaire"

publié le:11/03/2020 09:11:00 - mis à jour: 11/03/2020 12:05:20

La sortie en solo du MR sur les zones de secours a hérissé les autres partis car une réunion était prévue fin du mois. Même son partenaire CDH tacle la mesure.

La semaine dernière, le MR provincial a émis une proposition forte: faire reprendre tous les budgets extraordinaires des zones de secours par la Province. Une charge financière estimée à trois millions d'euros par an selon le MR. Une mesure d'application dès 2021 en attendant que le Gouvernement wallon se positionne clairement sur la reprise des budgets de zones par les toutes les provinces.

David Clarinval avait exprimé sa confiance sur le fait que non seulement la majorité provinciale (MR, CDH, Défi) le suivrait, mais aussi son espoir que l'opposition PS et Ecolo soutienne l'idée ainsi que les bourgmestres de la province de Namur. Vérifions comment sa proposition a été accueillie.

La proposition a d'emblée suscité une réaction positive du ministre de tutelle Pierre-Yves Dermagne (PS):

Je salue ce geste constructif qui témoigne d'une volonté de collaboration du parti actuellement majoritaire au Conseil provincial namurois, à l'égard d'une disposition forte de la déclaration de politique régionale. L'accord de gouvernement wallon prévoit, en effet, une reprise progressive, par les provinces, de la part communale du financement des zones de secours.

Mais au sein des partis namurois, la réaction est nettement plus dubitative voire agacée. A commencer par le CDH, partenaire de la majorité provinciale. Le président Maxime Prévot pointe une proposition "sympathique mais dont l'impact est presque nul":

Elle n'est pas une solution puisque le problème du financement des zones se pose au niveau du budget de fonctionnement (salaires, entretien des casernes et du matériel, etc) et non du budget d'investissement. L'impact d'une telle mesure serait presque nul car le budget extraordinaire est financé par des emprunts qui sont lissés dans le temps. La zone NAGE a une charge de la dette de 2,24%. (...) De plus le budget extraordinaire est très variable d'une zone à l'autre selon que cela concerne la construction d'une caserne ou l'achat d'une auto-échelle. La mesure peut donc engendrer une forme d'iniquité. Si la province veut faire un geste, qu'elle mette cet effort dans le budget ordinaire des zones. Pour reprendre l'expression de David Clarinval, c'est du bon sens...

Chez Défi, autre partenaire de la majorité, le ton est à peine moins étonné. Bertrand Custinne:

Le budget extraordinaire n'est qu'une partie du problème, la partie la plus facile à régler. Les sommes colossales exigées par les zones de secours sont à trouver du côté du budget ordinaire. Au-delà de cet aspect, on aurait aimé que le MR ait la courtoisie d'attendre une réunion entre tous les partis programmée le 25 mars, mais bon on prend acte.

Le président du PS Fabian Martin est tout aussi surpris de cette sortie avant la réunion entre partis:

Je n'ai pas envie de tirer sur l'ambulance mais on aurait pu attendre quinze jours pour discuter de cela en interne. Sur le fond, le budget extraordinaire n'est pas du tout le problème. La zone Val de Sambre, par exemple, a surtout besoin d'argent pour faire tourner la boutique, des budgets récurrents et non des investissements. On peut espérer que David Clarinval fasse percoler au gouvernement fédéral que si on en est là, c'est parce que le fédéral n'assume pas sa charge dans ce dossier...

L'Ecolo France Masai n'épargne pas non plus la mesure:

C'est un peu dingue que le MR fasse cette annonce tout seul. Il s'agit bien d'un effet d'annonce qui fait psschit et qui ne livre aucune vision. Lors de la conférence de presse, on a vu quatre mecs en costume qui décident seuls d'une mesure: c'est à l'image d'un MR accroché à son institution provinciale mais sans vision ni ambition. L'idée que la Province paie et décide pour les zones quels sont les investissements à faire n'apporte aucun avantage, si ce n'est de garder du pouvoir à l'institution.

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