Au Collège Godinne-Burnot, les élèves de 5e et 6e secondaire ont travaillé pendant un an pour réunir, le temps d'une journée, les deux sites de leur école autour du sport et du vivre-ensemble.
Une journée sportive, inclusive et festive a rassemblé les élèves de 4e, 5e et 6e secondaire du Collège Godinne-Burnot. Mais derrière cette initiative, pas l'ombre d'une directive ministérielle ou d'un projet imposé par la direction : l'événement a été entièrement imaginé, planifié et géré par les délégués d'élèves. Un défi logistique et humain mené pendant un an pour briser les barrières entre les deux sites de l'établissement.
L'idée est née d'une volonté explicite des jeunes, au cœur des réunions du Conseil des Délégués (CDD) : créer un véritable rapprochement entre les implantations de Godinne et de Burnot, deux sites distants appartenant à la même école. Oscar, élève de rhéto au collège sur le site de Burnot, précise la démarche :
On voulait vraiment un maximum de cohésion sociale. Essayer de vraiment rassembler Godinne et Burnot et pas que ce soit juste deux sites ou deux écoles différentes alors que c'est la même école... Faire des activités ensemble, faire des jeux l'un contre l'autre et faire des liens.
Nathan, élève en 6e et également un des organisateurs de cette journée, ne peut aller que dans ce sens :
Le but du projet est vrai de créer un rapprochement entre les deux groupes pour que l'école puisse se réunir finalement, et aussi pour réunir les élèves autour du sport.
Le volet social du label « École durable »
Cette démarche de gouvernance partagée s'inscrit au cœur de la philosophie de l'établissement. Depuis cinq ans, l'école est accompagnée par l'ASBL Jeunes et Citoyens pour former les jeunes à la sociocratie, à l'intelligence collective et à la démocratie participative.
De plus, ce rassemblement concrétise le label « École durable », obtenu par le collège en 2022. Morgane Philippe, coordinatrice école durable et citoyenne (et enseignante en sciences), rappelle que la durabilité dépasse les seules questions environnementales :
Être une école durable, ce n'est pas uniquement penser à l'environnement, c'est aussi développer le côté social. Et dans ce côté social, on apprend aussi à prendre des décisions ensemble. C'est là qu'intervient le CDD dans la gouvernance partagée.
Pendant un an, l'équipe encadrante a veillé à maintenir une autonomie maximale pour les élèves comme le précise Morgane :
L'idée vient d'eux. Ils ont été élus démocratiquement et ils ont pris toutes les décisions ensemble. Nous, on les a juste accompagnés... J'ai vraiment fait le strict minimum pour que la journée puisse s'organiser.
Logistique, recherche de sponsors et système de binômes
En coulisses, la concrétisation de l'événement a exigé un important travail de préparation : réunions toutes les six semaines, répartition des rôles, gestion des locaux et recherche de partenariats. Oscar a ainsi contacté les acteurs locaux avec un camarade :
On a rédigé des mails, on les a appelés, et le magasin local a bien voulu nous offrir 340 bananes pour les participants.
Pour garantir que la journée soit inclusive et rassurante pour chacun, les délégués ont instauré un système de « binôme » via un formulaire préalable. Chaque élève a pu choisir un camarade avec qui former un duo garanti, avant d'être intégré dans des équipes mixtes traversant les implantations et les niveaux d'âge.
Sur le terrain, la programmation alternait disciplines physiques (volleyball, CrossFit, rugby) et ateliers cérébraux ou ludiques (escape game, quiz de connaissances sportives), le tout arbitré par un barème de points de fair-play. Tiani, élève de 5e, ayant prêté main-forte à la logistique, ne cache pas son soulagement :
Voir tout le monde réuni et voir que c'est enfin accompli, alors que ça a été une source de stress, c'est vraiment trop chouette.
Professeurs sur le terrain et apprentissage du « vivre-ensemble »
La cohésion s'est également exprimée à travers la participation active des enseignants. Certains encadraient des activités sportives inédites, un professeur d'histoire animant le rugby ou un professeur de français proposant des conseils de musculation, tandis que d'autres s'affrontaient à la pétanque ou au football aux côtés des jeunes. Cette ouverture répond aux objectifs pédagogiques portés par la direction de l'établissement. Pascale Tobie, directrice du collège, analyse l'impact de la journée :
Un projet dans lequel autant d'élèves sont impliqués, c'est la première fois. Notre mot d'ordre, c'est d'arriver à faire vivre l'école autrement et pas seulement au travers des cours. Cela permet aux jeunes de développer toute une série de compétences qu'un cours théorique ne permet pas forcément, tout en défendant la notion du "vivre ensemble", et cela à tous les niveaux.
Vers une pérennisation de l'événement
Après ce premier pari réussi, les délégués souhaitent désormais répéter ce rendez-vous comme l'annonce Tiani :
On aimerait bien garder ce squelette d'organisation pour pouvoir le refaire pour les prochaines années.
En laissant ses élèves conduire ce rassemblement, le Collège Godinne-Burnot démontre que la jeunesse possède toutes les clés pour unifier sa communauté scolaire.