Histoire
Grotte Margaux : 10.000 ans d'histoire retrouvés
publié le:25/06/2025 12:33:00 - mis à jour: 27/06/2025 14:32:22
Le crâne découvert en 1988 dans la grotte Margaux, est passé par le musée archéologique de la Haute-Meuse avant d’être étudié par des chercheurs de l'université de Gand et y reviendra bientôt.
C'est une femme qui a traversé les âges. Elle vivait il y a plus de 10 000 ans, dans ce qui est aujourd'hui la vallée de la Meuse, près de Dinant. Son crâne a été découvert en 1988 dans la grotte Margaux. Et récemment, des chercheurs de l'université de Gand lui ont redonné un visage.
Avant d'être étudié en laboratoire, le crâne est passé par le musée archéologique de la Haute-Meuse, à Godinne, en 2013. Un souvenir marquant pour le musée, comme l'explique la directrice, Céline Honnay :
L'intérêt s'est porté sur ce crâne Margaux parce qu'il présentait des traces volontaires, un silex post mortem. Ça explique qu'il doit y avoir un dépôt de défunts. Donc c'est ce qu'on appelle une sépulture secondaire.
La sépulture primaire étant celle où on va mettre le cadavre de la personne en décomposition naturelle. La sépulture secondaire, ça veut dire que, rituellement, on va laisser la décomposition naturelle s'exercer. Et puis, les os vont être déposés dans un endroit, où ils vont être rejoints par d'autres.
La grotte Margaux se situe sur les hauteurs du ravin du Colébi, de l'autre côté du château de Freÿr. Elle est aujourd'hui inaccessible pour la préservation des chauves-souris qui y vivent.
Des "cousines" au musée archéologique de la Haute-Meuse
Le musée de Godinne abrite désormais d'autres vestiges rares, comme les ossements d'un individu mésolithique retrouvé dans une grotte voisine :
C'est une femme du Mésolithique ancien dont les restes osseux ont été découverts. Elle, c'était une sépulture primaire. Elle est de la même époque. On peut imaginer des familles ou des clans habitant dans la zone.
La concentration de sépultures dans la vallée de la Meuse s'explique notamment par la nature karstique du sous-sol, qui a favorisé la formation de nombreuses cavités :
S'il fallait enfouir tous les restes autrement, il fallait peut-être avoir l'omoplate d'un bœuf, d'un bovidé, pour faire un trou. Il y avait moyen de faire ça plus facilement, en déposant les corps dans des grottes.
Quant au crâne de la grotte Margaux, il est aujourd'hui conservé au Préhistomuseum de Ramioul. Mais il voyagera à nouveau : une exposition itinérante est prévue, avec un arrêt de six semaines au musée archéologique de la Haute-Meuse en mars 2026.