Le Festival du Rire de Rochefort rend hommage à Raymond Devos pendant trois semaines au travers d'une exposition réalisée en collaboration avec la Fondation Raymond Devos. Portrait de ce doux rêveur.
Poète, musicien, virtuose de l'absurde, Raymond Devos était fait pour distraire. C'était un clown de l'an 2000. Pas un simple clown. Le rire, c'est quelque chose de sérieux disait-il.
« C'était un clown qui avait beaucoup de cœur, beaucoup d'âme, pas un « gagmen » qui fait des gags gratuits. Quand on fait rire et que ça sort du cœur, c'est toujours bon. Si ça sort de plus bas, il disait que c'était moins bon. Il n'aimait pas du tout Coluche, il disait qu'il faisait de l'humour un peu facile, en-dessous de la ceinture. », nous confie Alain Slim, un ami liégeois de Raymond Devos
Raymond Devos jouait avec les mots, avec les notes mais aussi avec les balles et les cerceaux. Ce n'était pas là-dedans qu'il était le plus doué, mais parce que c'était lui, le public en redemandait,
« Il faisait de la jonglerie : il ratait. Il faisait de la magie : il ratait. Mais parce que c'était lui et qu'il y mettait son cœur, tout le monde applaudissait. N'importe qui d'autre se serait fait huer. »
700 pages de "réécriture" pour un sketch
Singulier, inégalable, inimitable. Raymond Devos était un bosseur perfectionniste. Il pouvait parfois prendre plusieurs mois voire plusieurs années pour peaufiner ses textes.
« Il était capable de récrire des pages et des pages. Pour le sketch du penseur par exemple, on a un manuscrit de 700 pages. 700 pages de ratures, de réécritures et de recommencements. », explique Camille Thomas de la Fondation Raymond Devos.
Raymond Devos a fait de la langue française sa force, lui qui a pourtant dû quitter l'école à l'âge de 13 ans.
« Il avait une soif d'apprendre. Il est toujours resté élève dans sa tête. C'était un autodidacte. Il avait chez lui beaucoup de dictionnaires, de livres de grammaire, de conjugaison... »
"Je crois à l'immortalité"
Raymond Devos est décédé à l'âge de 83 ans en 2006.Très souvent, il disait à propos de la mort :
« Je crois à l'immortalité et pourtant je crains de mourir avant de la connaître. »
Raymond Devos n'est peut être plus de ce monde. Mais 10 ans après sa disparition, c'est comme si l'homme était toujours là. Rochefort a immortalisé son double dans une statue de pierre qui trône juste en face du Centre Culturel des Roches.