Transport

"Honte d'être wallon": l'immense coup de g... des cars Deblire

publié le:16/11/2020 12:53:00 - mis à jour: 03/05/2022 09:53:34

Patrick Deblire, patron des Autocars Deblire (Yvoir), n'a pas caché sa colère suite au report du renforcement des lignes TEC par des cars privés.

Alors que demain, le gouvernement flamand active PLUS DE 100 nouveaux autocars pour soulager DE LIJN (portant ainsi l'offre à 350 autocars de renforcement), il faut bien dire qu'aujourd'hui J'AI PROFONDEMENT HONTE D'ETRE WALLON.. et d'y payer mes taxes....

Ce post, publié dimanche sur la page Facebook des Autocars Deblire (Yvoir), a provoqué des centaines de réactions et de partages. Il fait référence au revirement opéré par le TEC ce week-end.

Pour rappel, le TEC est confronté à la difficulté de continuer à assurer le transport de la population tout en respectant les mesures de distances sociales. Un accord avait été trouvé entre la Wallonie et la Fédération belge des exploitants d'Autobus et d'Autocars (FBAA) pour un renfort temporaire du TEC par 129 autocars privés supplémentaires. Ce renfort devait début ce lundi, mais vendredi un mouvement de grève des chauffeurs du TEC a démarré dans le Hainaut, initié par le syndicat libéral.

Dimanche, les entreprises privées d'autocar ont appris que leur intervention était reportée, après comptage des passagers pendant une semaine. C'est ce qu'a expliqué le TEC dimanche:

Des comptages seront organisés la semaine du 16 novembre sur les lignes pressenties pour ces renforts pour apprécier leur nécessité et le degré de flexibilité de ce dispositif, compte tenu des conditions liées à la rentrée scolaire. Le dimensionnement de ces renforts temporaires sera revu chaque semaine sur base des données de fréquentation du TEC. Les services du TEC seront donc assurés normalement durant la semaine du 16 novembre et renforcés sur base des remontées du terrain à partir du 23 novembre.

Patrick Deblire, vice-président de la FBAA, s'est emporté sur Facebook face à cette mesure, jugeant que "nos politiques n'ont aucun courage et se mettent à genoux". Il s'explique aujourd'hui:

Ce n'est pas au nom de la société que je pousse ce coup de gueule. J'avais un contrat pour seulement 3 véhicules alors que nous en avons 65. Je le pousse au nom de 129 autres autocars qui devaient prendre la route. Cela fait des semaines que la fédération a été approchée par l'opérateur des transports wallons pour réaliser une cartographie des véhicules disponibles pour budgéter l'opération. 129 contrats de renforcement ont été attribués au secteur privé, ce qui a amené à remettre les véhicules en ordre, les autocars de tourisme sont suspendus depuis le mois de mars, on a désinfecté les véhicules, on a fait des parcours de reconnaissance avec le personnel, on a ré-assuré, et c'est seulement dimanche qu'on apprend la nouvelle.

Pourquoi Patrick Deblire a-t-il fustigé des "traîtres" sur Facebook?

Alors que nous travaillons depuis des semaines avec l'OTW, c'est seulement vendredi que les différents TEC ont affiché à leurs chauffeurs que les lignes seraient renforcées. Le TEC Charleroi a immédiatement débrayé en disant qu'on allait voler leur travail, ce qui n'est pas du tout le cas. Le syndicat CGSLB a commencé et les autres ont suivi, la période est sensible puisque les élections sociales ont lieu cette semaine... Le but du renfort du privé, c'est de renforcer les lignes, permettre une meilleure distanciation sociale et éviter que des bus soient bondés, rien d'autre. Il n'y a aucun risque que nous prenions des parts de marché au secteur public; le transport public dépend d'un seul opérateur, l'OTW, qui est public. 

Que pense Patrick Deblire du comptage? Est-ce une solution satisfaisante?

Le comptage est superflu, il a déjà été fait. Ce n'est pas par hasard qu'on a défini 129 parcours qui devaient être renforcés. On ne peut pas parler de surcharge dans les bus, mais quand un bus prévu pour 90 accueille 50 personnes, il ne peut pas respecter les distances sociales. Il ne faudrait pas que dimanche prochain on nous annonce à nouveau que le renfort temporaire n'aura pas lieu la semaine suivante. J'ai des collègues qui m'ont dit qu'ils ont vu leurs chauffeurs pleurer quand ils ont appris la nouvelle. Et puis des entreprises du secteur sont en grande difficulté; pour ma part, j'ai une part de transport scolaire qui m'a permis de maintenir une part du chiffre d'affaires, mais pour le secteur du tourisme, certains sont complètement à l'arrêt; ils ont pu reporter leurs emprunts sur six mois, mais ce report arrive à terme. 

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CDJ

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