Inondations

Inondations '95 : une gestion de crise compliquée à Dinant

publié le:28/01/2025 14:50:00 - mis à jour: 30/01/2025 16:27:46

Lors des inondations qui ont ravagé Dinant en 95, le bourgmestre Richard Fournaux est élu depuis un mois. Il est lui-même inondé, tout comme la caserne des pompiers, dirigée par le commandant Schoumaker.

Janvier 95, les Dinantais s'en rappellent. Le centre-ville de la cité mosane est alors sous eau suite aux violentes crues de la Meuse. A l'époque, Richard Fournaux est déjà bourgmestre de Dinant. Il vient d'être élu lorsqu'il doit gérer cette catastrophe qui touche sa commune.

J'étais bourgmestre depuis seulement un mois. J'habitais le quartier de Neffe, un des premiers concernés par les inondations, donc ma maison et mon entreprise de peinture étaient inondés. C'était une véritable difficulté pour moi de devoir gérer à la fois ma situation personnelle et celle de la Ville de Dinant.

La caserne des pompiers, située alors Rue Albert Huybrechts, était elle aussi inondée. Le commandant des pompiers de l'époque, Michel Schoumaker, pensionné depuis dix ans, s'en rappelle bien. Dans une telle situation, pas facile de coordonner les interventions de quarante pompiers professionnels et volontaires sur le terrain.

La plus grosse difficulté, c'était d'empêcher que l'on fasse des cas particuliers pour des connaissances ou des proches. Deuxièmement, c'était compliqué de faire comprendre aux pompiers qu'après un certain nombre d'heures, ils devaient rentrer se reposer. Beaucoup allaient aider à gauche et à droite, et revenaient fatigués. Certains ont travaillé pendant 72 heures d'affilée sans dormir.

Pas de plan d'urgence

De plus, à l'époque, il n'existe pas de plan d'urgence pour la gestion de crise, ni de zones de secours. Tout doit être décidé dans le feu de l'action, note Richard Fournaux.

En situation de crise, c'était le bourgmestre, avec ses échevins, l'administration communale, les pompiers, qui tâchait de répondre aux besoins et aux demandes des citoyens comme il pouvait, avec l'aide de la protection civile. Le gouverneur de la Province de l'époque, Amand Dalem, avait même accepté que l'armée intervienne. 

Ces évènements ont marqué le bourgmestre de Dinant au tout début de sa carrière politique. Il s'en souvient encore aujourd'hui, quelques mois seulement après sa réélection à la tête de la commune.

Au mois de janvier, quand j'ai vu la Leffe et la Lesse qui commencaient à monter très fort, je me suis dit que l'histoire se répétait 30 ans après ! Je dois avouer que j'ai eu très peur. Est-ce que c'est moi qui attire les problèmes à Dinant ? (rires) Je vais devenir superstitieux.

Cette peur est partagée par bon nombre de Dinantais. Pourtant, la cité mosane n'a plus connu de telles inondations depuis le mois de janvier 1995.

Élisa Sidérius, Journaliste
elisa.siderius@matele.be

 
 
 

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