Rendez-vous de midi
"Je ne suis pas la matrone qui décide tout à Havelange"
publié le:24/10/2017 11:41:00 - mis à jour: 19/01/2018 13:16:11
La bourgmestre d'Havelange Nathalie Demanet explique pourquoi elle privilégie une liste avec son ex-rival Michel Collinge. Et répond aux critiques de Christine Botton.
Havelange n'est pas le "Dallas" politique que certains imaginent, dit la bourgmestre Nathalie Demanet, qui avait fait sensation en faisant alliance avec son ex-rival Michel Collinge, provoquant la déception de son allié Ecolo et les critiques de l'ex échevine Christine Botton.
- "Là où certains voient des manœuvres stratégiques, je parlerais de rapprochement assez évident. C'est stratégique en vue d'une certaine stabilité à partir du moment où on a des centres d'intérêt communs, un dialogue par rapport à notre manière de voir la gestion de la commune. Toutes les mesures que nous avons prises pour assainir les finances, Michel Collinge les aurait prises aussi. Je n'ai jamais critiqué une personne, j'ai constaté à un moment qu'il y avait des situations que je trouvais compliquées et auxquelles il a fallu faire face. Cela ne nous empêche pas de parler du futur, je ne suis pas passéiste.
- Je suis en train de travailler à un projet de liste pour me présenter aux électeurs en 2018. Le groupe Vrai et le groupe Autrement ont des convergences et des raisons valables pour se présenter devant l'électeur. Cela ne veut pas dire que ce que nous faisons avec Ecolo est mauvais. Au contraire, j'en suis très fière. Et cela ne signifie pas qu'il n'y aura pas de convergences avec Ecolo à un moment. On est un an avant les élections et je regarde ce qui peut donner à ma liste un maximum de possibilités pour représenter un maximum de citoyens.
- Si on a une majorité absolue, tant mieux, mais ce n'est pas ce que je vise. Je n'ai jamais rêvé d'une liste unique sans débat ni adversaire. La démocratie sans s'en sort grandie s'il y a plusieurs listes.
- Dans le chef d'Ecolo, c'est logique qu'ils se sentent un peu frustrés de mon choix: vous l'avez dit vous-même, le calcul électoral pourrait les mettre d'office dans l'opposition. Ne réfléchissons pas comme ça: laissons le choix à l'électeur de marquer son adhésion à un candidat, à une liste. Dans les interviews, on donne l'impression que l'électeur n'a pas le choix. C'est clair que d'un point de vue arithmétique, ça donne ce trend là, mais attendons de voir.
- Lorsqu'on fait le choix d'une personne, ce n'est pas systématiquement refuser l'autre ou les autres. Quand on se prononce pour un candidat, ce n'est pas pour autant qu'on rejette tous les autres. Si des électeurs ont voté pour moi en 2012, ce n'est pas pour autant qu'ils rejettent Michel Collinge. Je suis désolé pour ces quelques personnes qui expriment un ressentiment par rapport à cela, mais il y a plein d'autres qui sont très contentes de voir émerger un projet commun. J'accepte les gens qui ne sont pas d'accord, qui formulent des critiques. Beaucoup attendent de voir comment ça va se passer. Pourquoi faire de la composition des listes une guerre de tranchée? Je considère les autres candidats comme des partenaires, pas des ennemis.
- A propos de Christine Botton, voici ce qui s'est passé de mon point de vue. En tant que bourgmestre sortante, dans mes discussions avec Michel Collinge, j'exprime un certain nombre de souhaits en terme de cohésion de groupe et de gestion collective. J'ai posé des questions. Je ne sais pas ce qui s'est dit dans le groupe Vrai, cela ne me regarde pas, cela ne vous regarde pas, cela ne regarde pas l'électeur. Quand Michel est revenu vers moi, il m'a dit: un certain nombre de colistiers sont pour cette adhésion et Christine va faire sa liste de son côté. Point barre. Je n'ai pas mis de veto sur son nom, contrairement à ce qui se dit. Ce n'est pas mon style. C'est très mal me connaître de m'imaginer comme la matrone qui décide à la place des autres. Les personnes qui me connaissent ne me retrouvent pas dans ce portrait.
- L'amertume de la part de Christine Botton, je la comprends. En 2012, elle fait le plus grand score et une inconnue arrive et fait une majorité avec un groupe Ecolo qui faisait aussi moins de voix. On peut comprendre la déception, c'est humain et légitime. Mais bon, cela fait cinq ans... Et non, je n'ai pas peur de son score à l'intérieur de la liste, je n'ai pas de raison d'avoir plus peur d'elle à l'intérieur qu'à l'extérieur. Et puis ce n'est pas mon genre d'avoir peur. Depuis cinq ans, elle est sur les bancs de l'opposition. Nos rapports sont courtois. Mais je n'ai pas eu le sentiment d'avoir dans son chef une volonté d'ouverture. Mon interlocuteur est Michel Collinge, je n'ai jamais eu le sentiment qu'elle devait être mon interlocuteur désigné par son groupe."