Judiciaire

Justice : le grand déménagement des pièces à conviction de Dinant au nouveau palais de Namur

publié le:18/08/2025 14:25:00 - mis à jour: 20/08/2025 13:56:35

Les pièces à conviction des palais de Dinant et de Namur sont désormais réunies dans un service unique dans le nouveau palais de Justice namurois. Un transfert colossal, de plusieurs tonnes d'objets.

C'est un déménagement pas comme les autres. Depuis quelques semaines, les pièces à conviction du palais de justice de Dinant rejoignent le tout nouveau palais de Namur. Dans les sous-sols, cartons et caisses descendent les uns après les autres. Christophe Stordeur, employé du service, voit passer des objets en tous genres:

Ça peut être un mégot, une chaussette, mais aussi une tondeuse… ou même un crâne humain qu'on a reçu l'année passée.

Des objets insolites ou lourds de sens, qui doivent désormais être répertoriés avec précision. Car en fusionnant les services de pièces à conviction de Dinant et Namur, les anciennes méthodes de classement risquaient de créer des doublons.

Avant, tout était classé par année et par numéro… sauf qu'à Dinant, ils avaient les mêmes références. Si on mélange, on se retrouve avec des doublons. Donc on doit tout séparer et réorganiser.

Il faut donc tout trier et réorganiser, plusieurs tonnes d'objets, parfois banals, parfois essentiels, qui restent avant tout des preuves judiciaires. Christian De Valkeneer, président du tribunal de première instance de Namur, rappelle l'importance de tout garder.

Une arme qui a servi à commettre un meurtre, de la drogue, ou encore des objets volés… Ce sont des preuves d'infraction, mais aussi des biens que leurs propriétaires peuvent revendiquer.

"On a connu des affaires où des accusés ont été acquittés"

Trop longtemps, les palais de justice ont croulé sous les pièces à conviction. Objets encombrants, dangereux, ou sans réelle valeur au bout de quelques années.

On s'est rendu compte il y a une dizaine d'années de l'importance de bien gérer tout ça. Les objets dangereux ne passent plus par le greffe, et ceux qui ont de la valeur, comme des véhicules ou des ordinateurs, sont vendus pour éviter qu'ils ne deviennent inutilisables ou obsolètes.

À Namur, les infrastructures modernes permettent désormais de stocker ces éléments en toute sécurité et d'éviter les mauvaises surprises.

On a connu des affaires où des accusés ont été acquittés parce que les pièces à conviction n'étaient plus exploitables. Ici, l'objectif est clair : garantir leur intégrité et offrir de meilleures conditions de travail à nos équipes.

Dans les sous-sols du nouveau palais de justice, un travail de fourmi a commencé. Des centaines de caisses à trier pour que chaque preuve retrouve sa place… et reste prête à parler devant les juges. 

Antoine Peret, Journaliste
antoine.peret@matele.be

 

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