Saisi à la gorge en pleine intervention, un ambulancier de la zone de secours Dinaphi a décidé de porter plainte contre son agresseur. Un geste rare, mais révélateur d’un malaise qui couvait depuis longtemps.
Il se préparait pour une intervention banale… Mais une fois encore, elle a tourné au vinaigre. Timy Daxhelet, pompier-ambulancier à la caserne de Beauraing, témoigne d'une agression qui aurait pu avoir de graves conséquences.
La communication était déjà compliquée avec le patient… À l'arrivée aux urgences, il a proféré des menaces de mort, puis m'a saisi à la gorge.
Un geste violent. En pleine mission de soin. Et pour beaucoup d'ambulanciers, ce n'est plus un accident. C'est devenu une routine.
Parfois, on reste sans voix. On se dit : mais en fait, on vient juste vous aider. À la base, on ne se connaît pas… Et quand on arrive, on se fait insulter. On reste professionnel, on encaisse. Mais quand il y a des impacts physiques, ça devient plus compliqué à gérer.
Une violence qui gagne du terrain, même en milieu rural
Même dans les zones rurales, comme celle couverte par la zone de secours Dinaphi, les agressions sont de plus en plus fréquentes. Bertrand Sérusiaux, responsable de l'aide médicale urgente, confirme:
On a toujours connu l'agressivité dans ce métier… Mais ces derniers mois, on sent une vraie montée en puissance.
Les agents sont formés pour désamorcer les tensions : gestion de conflit, communication verbale, accompagnement psychologique après une intervention difficile… Mais la lassitude s'installe. Et certains jettent l'éponge.
On peut encadrer, prévenir, former… Mais parfois, c'est trop. Et certains renoncent.
Un cri d'alarme lancé par le terrain
Timy Daxhelet a décidé de porter plainte - tout comme la zone de secours-, un geste rare dans la profession.
Pas pour moi seulement, mais pour tous les collègues qui prennent ça, tous les jours, sans rien dire.
Selon une enquête interne menée par la zone Dinaphi, un pompier-ambulancier sur deux déclare avoir été agressé— verbalement ou physiquement — au cours des six derniers mois. Un chiffre choc, révélateur d'un malaise profond. Dans un secteur déjà fragilisé par la pénurie de personnel, c'est un cri d'alarme que lancent aujourd'hui les équipes de terrain.