Deux élèves de l'Institut de la Providence de Ciney ont réalisé un menu à 6 mains avec la cheffe Isabelle Arpin, à l'Auberge du Château de Leignon. Magnifique expérience pour ces futurs cuisiniers
Dans la cuisine de l'Auberge du Château de Leignon, c'est un lunch à 6 mains qui est sur la braise. Isabelle Arpin, cheffe de renom, récemment installée dans ces lieux, partage son savoir-faire avec des élèves de la section hôtellerie de l'institut de la Providence. Elle explique pourquoi elle a accepté de leur faire vivre cette expérience:
Pour moi, c'est une évidence de collaborer avec l'école et de pouvoir faire un maximum de choses avec les élèves. On est dans la transmission et c'est hyper important à l'heure actuelle.
Pour cette expérience, ce n'est pas Isabelle Arpin qui impose le menu et le fait exécuter par les élèves. Le travail de conception s'est fait en amont. Les jeunes y ont mis toutes leurs envies et leur créativité, explique Caroline Blondiaux, cheffe de département à l'Institut de la Providence:
C'est vraiment comme ça qu'on a travaillé. La cheffe est très ouverte, y compris à toutes ces expériences. ce sont même plutôt nos élèves qui ont pensé au menu avec leur professeur. Et la négociation avec la cheffe s'est faite par après. Elle a pu donner ses petits conseils avisés pour que tout soit parfait ce midi.
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A quelques minutes du coup de feu, le stress monte légèrement. Même si les deux élèves en cuisine sont à deux doigts d'entrer dans le métier, le contexte les impressionne quelque peu. C'est le cas de Jetro Ngonini. Il est en dernière année:
Oui, il y a quand même un peu de stress. On a fait les mises en place au maximum. donc, ça va.
Pour ces jeunes de la section hôtellerie de l'Institut de la Providence, c'est une opportunité rare de travailler dans une cuisine de ce niveau, un cadeau, un challenge aussi. C'est ce qu'en pense Lucie Donneux qui est aussi en dernière année et derrière les fourneaux d'Isabelle Arpin:
Tout va bien se passer. Ce qui est bénéfique pour nous, c'est qu'on a travaillé avec une grande cheffe. Elle nous a donné quelques petits trucs de dressage et de technique.
Pour ces jeunes qui vont entrer dans ce métier, rien de mieux que de se frotter à la réalité et aux vraies exigences , en dehors des murs de l'école. Quel que soit le niveau de cuisine dans laquelle ils travailleront, ils seront plus en adéquation avec le milieu. Benoît Cloes, chef de cuisine en 5ème et 7ème à l'Institut de la Providenc,e justifie:
Ici, on a la chance d'être dans un cadre magnifique, avec une cheffe exceptionnelle. On joue ce jeu là aussi. Mais, il n'y a pas que la gastronomie. Il y a d'autres belles choses en cuisine. On peut travailler terroir, local, des choses simples mais bien faites. On ne les pousse pas nécessairement vers la gastronomie. Mais ne pas leur montrer ce pan là du métier en cuisine serait un peu dommage.
Win win pour les élèves et les pros
Avec le travail en cuisine, le travail en salle est complémentaire. Pour les jeunes qui apprennent le métier, les deux volets sont indissociables, même si leur cœur ou leurs compétences les poussent plus vers un côté que l'autre de la barrière. Esteban Bougelet est stagiaire à l'Institut. Aujourd'hui, il est au service en salle:
Juste avant, j'étais en cuisine. Maintenant, je suis en salle. Ce que je préfère c'est la cuisine. On peut y être plus créatif.
Si les élèves apprennent énormément de leur stage ou d'expériences telle que cette cuisine à 6 mains du jour, pour les professionnels, c'est aussi un enrichissement. Sorte de win win pour la profession, selon Dominika Herzif, responsable du restaurant de l'Auberge de Leignon:
On a la chance de parler avec des jeunes qui sont réellement passionnés par le métier et qui vont prendre la relève. On parle de tout, de la cuisine, du service, de la nourriture, de la manière dont notre métier évolue. C'est extrêmement enrichissant.
Ce genre d'expérience est en mesure de mettre du baume au cœur d'un métier qui est en souffrance, un secteur qui est en difficulté de recrutement. Une expérience qui devrait redonner du peps à ce métier distributeur de bonheur. C'est l'opinion de la cheffe Isabelle Arpin:
Avec les difficultés de recrutement que l'on constate actuellement dans notre métier, je trouve que c'est bien pour eux, de pouvoir venir s'imprégner d'une ambiance, de travailler dans une cuisine avec un chef, et de voir que ca peut être sympa. Non... ?