« Fainéants », « Ils ne savent même pas pourquoi ils manifestent », « Pantins du PTB », les commentaires sous les reportages consacrés aux manifestations des élèves sont parfois très durs. Pourquoi ?
Du délabrement des toilettes à la surchauffe de la planète, en passant par l'augmentation du minerval et du prix des abonnements de bus, les sujets de mécontentement ne manquent pas chez les élèves. Mais entre la violence et les accusations de manipulation politique, la parole de la jeunesse peine à se faire entendre.
Sur le plateau du « Journal sur pause », on prend le temps d'analyser comment le discours des jeunes est reçu par les autorités scolaires ou politiques, et par les adultes en général, en cette période de contestation estudiantine.
Pour en parler, nous accueillons deux invités. Maxime Michiels est chercheur en sociologie à l'UCLouvain. Sa thèse de doctorat porte sur la socialisation politique des élèves en lien avec leur expérience de l'école. Marcelline Lejeune est sociologue et politologue, également à l'UCLouvain. Ses recherches portent sur la démocratie à l'école. Tous deux font partie des signataires d'une carte blanche publiée dans Le Soir, intitulée « Sois en classe et tais-toi, regard sur les réactions aux mouvements des élèves ».

Intéressons-nous d'abord aux raisons de cette colère, parfois chez des élèves très jeunes : on a vu des jeunes de 14 ou 15 ans dans les manifestations. Le point de départ, ce qui met le feu aux poudres, c'est la réforme de l'enseignement ?
Maxime Michiels : Clairement, on voit que depuis un certain temps, les conditions dans l'enseignement se sont dégradées pour une série de jeunes. Il y a des professeurs absents, des conditions matérielles aussi, parfois des bâtiments, des labos, etc. Je pense que c'est aussi la considération générale associée au monde de l'enseignement. On avait un plan de réforme d'ampleur, le Pacte pour un enseignement d'excellence, qui visait à transformer profondément cette institution et qui, petit à petit, a été raboté, modifié, et qui aujourd'hui est quasi réduit à peau de chagrin. C'est donc aussi la question de l'ambition qu'on a pour l'éducation qui, je pense, motive aujourd'hui les jeunes à se mobiliser.
Des considérations économiques sont aussi venues s'ajouter à cela : la hausse du minerval, la hausse des abonnements TEC. Ce qui fait dire, peut-être parfois avec un peu de mauvaise foi, qu'avant, les jeunes s'intéressaient à la fin du monde et que maintenant, ils s'intéressent à la fin du mois. C'est nouveau, ou pas du tout ?
Marcelline Lejeune : C'est nouveau, oui et non. Ça vient directement impacter leur quotidien, et la fin du mois et la fin du monde sont tout à fait corrélées. Quand ça touche directement au quotidien des jeunes, ça les amène à se poser des questions sur ce qui se passe, et ça provoque notamment un sentiment de ne pas être écoutés et une dévalorisation de son quotidien, directement devant soi, sans pouvoir parfois faire grand-chose.
Les raisons du mécontentement vont de l'état des toilettes dans les écoles jusqu'à la surchauffe de la planète. Le spectre est extrêmement large.
M.M. : Oui, je pense qu'il y a une forme de ras-le-bol général par rapport à une série de choses. Cette génération voit à la fois que les conditions de vie se durcissent pour l'ensemble de la population et que les possibles se rétrécissent pour eux. Il y a donc un sentiment de ne pas savoir quelle place on pourra avoir dans la société demain, indépendamment des efforts qu'on fait. Le contrat social initial, c'était : si vous travaillez bien à l'école, si vous faites tout correctement, vous serez à l'abri du besoin, vous aurez un emploi confortable, etc.
Aujourd'hui, c'est de moins en moins garanti, à la fois pour des raisons économiques et pour des raisons écologiques : on ne sait pas dans quel monde on vivra demain. Alors se projeter et continuer de jouer le jeu, c'est-à-dire sacrifier son présent au nom d'un futur de plus en plus hypothétique, à un moment donné, ça commence à coincer.
Covid, intelligence artificielle... : une génération en perte de sens
Vous parlez de sacrifier son présent pour un futur mais même le présent subit une perte de sens, notamment avec l'IA. Certains jeunes se demandent pourquoi étudier, puisque l'IA peut déjà, aujourd'hui et pas seulement demain, faire les choses à leur place : les devoirs, les mémoires de fin d'études.
M.L. : Potentiellement, il y a aussi une perte de sens maintenant. Mais je pense que c'est aussi une génération sur laquelle on a mis beaucoup de responsabilités, en tout cas dans les mots : vous allez devoir gérer le futur, gérer la crise écologique, vous allez devoir réparer toute une série de choses. Tout cela sans leur donner les moyens de le faire.
Cette perte de sens est donc déjà présente dans les discours, dans le décalage entre la responsabilité qu'on leur a confiée et les possibilités qui leur sont offertes. Et bien sûr, quand on ajoute à ça l'IA, la crise du Covid, la crise écologique et toute une série de choses qu'ils n'ont pas choisies et avec lesquelles ils doivent composer, c'est compliqué de retrouver un certain sens, je pense.
La crise du Covid a été un véritable point de rupture dans l'évolution de ces jeunes, avec le sentiment d'avoir peut-être été sacrifiés au nom du bien commun ou au nom des plus âgés. Avec tous les problèmes de santé mentale qui en découlent.
M.L. : Bien sûr. Et je pense que c'est parfois compliqué à envisager, tellement on est passé rapidement à autre chose. On a parfois l'impression qu'on ne parle plus du Covid, comme si ça n'avait pas existé, comme si ça avait été une bulle à part entière, une crise de cinq ans, et que maintenant tout était revenu à la normale.
Mais pour ces jeunes qui ont grandi pendant cette crise (moi, j'avais 19 ans au moment du Covid), ça a toute une série de conséquences sur le rapport à chacun et chacune, le rapport aux autres, la manière d'entrer en interaction, la manière d'être bien face à la société, face à tout le monde. Évidemment, les impacts sur le long terme sont réels, notamment en termes de santé mentale, de scolarisation et de santé globale.
M.M. : Au-delà de ça, il ne faut bien évidemment pas sous-estimer l'impact du Covid, mais il faut aussi considérer la parole des jeunes pour ce qu'elle est, c'est-à-dire une parole active. Ils ne sont pas uniquement victimes, entre guillemets, des événements qui leur sont arrivés, et en réaction par rapport à ces événements. Ils ont aussi des revendications sur leurs conditions d'ici et de maintenant, qui ne sont pas seulement marquées par des événements. Ils voient ce qui se passe, ils voient la précarité qui s'installe, les inégalités qui augmentent, et des réformes et des mesures qui font peser une grande part des efforts budgétaires actuels en Belgique sur les plus fragiles et sur la jeunesse.
Une partie des ajustements budgétaires faits en Communauté française ces dernières années ont porté sur le soutien aux repas gratuits pour les enfants les plus défavorisés, et sur des pertes d'emploi dans l'enseignement qualifiant, là où les mobilisations sont d'ailleurs les plus fortes. Il y a donc une série de choses très concrètes qui se passent aujourd'hui et qui ne dépendent pas uniquement d'une espèce de « générationnalisation » du Covid.
« La jeunesse n'est qu'un mot »
Avant d'aller plus loin, je voulais vous entendre sur le terme « les jeunes ». Pour simplifier, on dit « les jeunes », mais c'est un groupe qui n'est pourtant pas homogène.
M.M. : En tant que sociologue, ce serait de mauvais ton de ne pas citer la fameuse phrase de Pierre Bourdieu : « La jeunesse n'est qu'un mot ». C'est une construction sociale, un terme que le groupe des adultes utilise pour construire de toutes pièces une forme sociale homogène, la jeunesse, qu'on séparerait des adultes.
Cela permet aussi de justifier le statut juridique et politique de ces personnes, qu'on maintient dans la minorité. Mais derrière se cachent des réalités très différentes. Être jeune jusqu'à 25 ans parce qu'on prolonge ses études ou entrer directement sur le marché du travail, ce sont des réalités complètement différentes. Il y a aussi les moyens dont on dispose aujourd'hui pour assurer sa subsistance, dans une société qui, on le sait, devient de plus en plus inégalitaire et dans laquelle l'aide sociale et la sécurité sociale sont de plus en plus attaquées. Les exclusions du chômage sont une réalité pour bon nombre de personnes. Que se passe-t-il dans ces familles-là ? Ce n'est pas du tout la même chose d'être dans une famille d'exclus du chômage que dans une famille de personnes qui ont un emploi stable et, a fortiori, bien payé.
Une parole jugée illégitime
Sous notre reportage tourné le 8 octobre à l'Institut Saint-Joseph de Ciney, nous avons reçu des centaines de commentaires sur les réseaux sociaux. Soyons de bon compte : beaucoup soutiennent les jeunes et les félicitent, mais il y a aussi une grosse part de commentaires très durs, agressifs, voire méprisants. Est-ce que cette réaction des adultes vous étonne ?
M.M. : C'est le cœur même de ce qu'on a voulu faire en publiant cette carte blanche : réagir à la réaction, prendre un peu de hauteur et l'analyser. On sait que les jeunes sont maintenus dans un statut de minorité. Parmi les êtres humains en vie, ce sont les seuls qui sont privés de leurs droits politiques et juridiques, à l'exception de certaines personnes qui, pour des raisons de handicap, sont déchues de leurs droits juridiques ou placées sous tutelle, ou de personnes condamnées à la déchéance de leurs droits politiques.
Mais pour les jeunes, c'est une espèce d'état de fait : jusqu'à 18 ans, on n'est pas autorisé à s'exprimer politiquement et à faire entendre sa voix. Je pense qu'on le voit très clairement dans ces réactions : cette logique est extrêmement bien intégrée et incorporée par toute une série d'adultes, qui délégitiment immédiatement la parole des élèves comme une espèce d'anormalité. C'est quasi inaudible que les jeunes puissent prendre la parole ainsi.
Je pense que c'est dommage, parce que ça ne va rien résoudre. Ces réactions, qui visent à mettre le problème sous le tapis, ne font que l'attiser. Quelqu'un qui n'est pas entendu finit, à force de vouloir se faire entendre, par trouver des moyens de se faire entendre. C'est un peu tout le paradoxe des réactions qui disent : « Il ne faut pas que ce soit trop le bordel, sinon on ne pourra pas entendre ces revendications. » Mais force est de constater que pendant longtemps, elles ont été exprimées sans qu'on leur accorde d'attention politique, médiatique, etc. Et c'est justement quand le mouvement a un peu chauffé que tout le monde s'est réveillé d'un coup en disant : « Ah mince, en fait, ils ont quelque chose à dire. » Ce paradoxe est quand même relativement problématique, et je pense que ces réactions sont en réalité le nœud du problème.
A LIRE AUSSI : Des élèves bloquent pacifiquement les accès de l'Institut Saint-Joseph de Ciney
Ce qui est particulier, c'est que les jeunes sont considérés comme illégitimes pour porter une parole politique, y compris sur des sujets qui les touchent directement. On pourrait leur dire : vous n'êtes pas légitimes pour avoir un avis sur les grands dossiers du monde. Mais là, ils parlent de leur école, et même sur ce dossier-là, on ne les considère pas comme légitimes.
M.L. : Oui. Ce dont on se rend compte, c'est qu'il n'est malheureusement pas étonnant de voir ces réactions, parce que ça s'inscrit dans un courant présent depuis très longtemps : se dire que les jeunes n'ont de facto pas droit à la parole du fait de leur condition de jeunes, et que ce groupe unifié des moins de 18 ans n'a pas le droit d'exprimer un avis sur ses conditions ou sur ce qu'il vit.
Ça se voit d'ailleurs dans le manque de mécanismes pour recueillir la parole des jeunes, et pour recueillir une parole qui a un impact. Car il y a aussi cette différence : leur demander ce qu'ils vivent et leur avis, c'est une chose, mais il faut ensuite en faire quelque chose. Il existe parfois des mécanismes de recueil de la parole des jeunes, mais on voit qu'ils aboutissent très rarement à des choses concrètes. Ça peut être autant dans les écoles, avec certains systèmes de délégués, que de manière instituée et globale, avec certains avis demandés aux jeunes.
Manipulés ?
Ils sont aussi un peu piégés dans une espèce de cercle vicieux. S'ils ne prennent pas la parole, ça signifie qu'ils ne s'intéressent à et s'ils prennent la parole, on les accuse d'être manipulés. Finalement, quoi qu'ils fassent, ils sont en tort.
M.M. : La question de la manipulation, je la trouve quand même très amusante. Certains adultes ont la mémoire très courte, notamment avec les parallèles faits avec le mouvement en France, qui serait venu contaminer le mouvement des jeunes Belges, alors que les jeunes Belges étaient déjà mobilisés en juin. Je ne sais pas dans quel monde les gens considèrent que juin se trouve après septembre, mais dans mon calendrier, il se trouve avant.
Les jeunes, quoi qu'ils fassent, ne peuvent pas avoir réfléchi par eux-mêmes. Ils sont jugés trop bêtes, trop immatures pour être arrivés eux-mêmes à des revendications, à un regard sur le monde, alors qu'ils voient tous les jours leurs conditions de vie, de travail… Pour quelle raison, magiquement, en passant le cap de 17 à 18 ans, seraient-ils d'un coup plus à même d'exprimer un avis sur ce qu'ils ont en face d'eux ? Dans les faits, les enfants, dès la maternelle, sont capables de dire si quelque chose leur convient ou ne leur convient pas.
M.L. : Oui, aussi parce que dans les discours politiques, on entend parfois que les jeunes sont assez responsables pour devoir réparer quelque chose quand ils le cassent, mais pas assez responsables pour pouvoir s'exprimer sur leur propre situation. Il y a donc une ambivalence de ce côté-là. Quand ils font certains dégâts, quand ça arrive, parce que c'est très marginal, là ils doivent être responsables. Mais pour tout le reste, pour avoir un avis, on considère qu'ils sont trop jeunes, qu'ils ne sont pas encore assez responsables de leur situation.
Répression policière et crise démocratique
Qu'est-ce que la répression policière, à Liège notamment, dit de notre société ? Ou comme à Dinant, par exemple, quand le bourgmestre interdit les manifestations. Qu'est-ce que ça dit de notre société d'avoir la police aussi vite au contact des jeunes manifestants ?
M.M. : Je pense que c'est très grave, en réalité. Ce que le mouvement des jeunes montre aujourd'hui, c'est une version différente de la crise démocratique qu'on vit dans ce pays depuis un certain temps. On voit bien que les mouvements populistes ont le vent en poupe en Europe. Mais ils n'ont pas le vent en poupe par magie : c'est parce que les revendications des gens ne sont pas entendues, parce que la démocratie, quand il s'agit d'aller mettre un bulletin dans l'urne tous les cinq ans, ne suffit pas à construire les conditions d'une écoute citoyenne, pour que les gens se sentent entendus quand ils ont une série de problèmes.
Aujourd'hui, ça s'exprime par un débat public devenu plus conflictuel : les conflits s'expriment davantage. Mais que la réponse soit systématiquement policière, une réponse dans laquelle on ne veut pas entendre et où on utilise la force physique pour empêcher la contestation de s'exprimer, je pense que c'est très problématique d'un point de vue démocratique. Et de nouveau, ça ne résout rien. Ce n'est pas parce que quelqu'un se fait taper dessus qu'il devient d'accord. Quelqu'un qui se fait taper dessus a mal, et il n'est toujours pas d'accord. Dans ces conditions, ça ne construit pas les possibilités d'un meilleur vivre-ensemble, d'un meilleur accès au bien commun. Et je pense que ça produit des effets bien plus néfastes sur le long terme, y compris sur la manière dont les revendications peuvent s'exprimer.
A LIRE AUSSI : Dinant interdit les manifestations d'étudiants
L'école, un lieu encore peu démocratique
Si on en revient à l'école, il y a là aussi un paradoxe : on forme des jeunes à la citoyenneté, et pourtant l'école n'est pas du tout un endroit démocratique. C'est même un endroit où les relations sont encore très verticales. Comment l'expliquer, et comment en sortir peut-être ?
M.L. : C'est justement tout le paradoxe. On commence à parler de plus en plus de démocratie à l'école, de démocratie scolaire, mais sans vraie refonte de l'institution scolaire ni vraie réflexion sur les principes de l'école. On se dit que des jeunes assis huit heures par jour devant un professeur pour apprendre des choses, ce mécanisme-là permettrait de former des citoyennes et des citoyens.
Petit à petit, il y a eu des avancées, avec l'instauration de systèmes de délégués d'élèves, mais on se rend compte qu'ils sont très peu investis. Souvent, ça se résume à aller déclarer les absents et à distribuer trois feuilles. Ça ne s'accompagne pas d'une réflexion réelle : quelle est la place de l'élève dans l'école ? Qu'est-ce qu'on lui apprend dans la vie de tous les jours ? Est-ce qu'on lui apprend le fonctionnement d'une institution et l'autorité ? Ou est-ce qu'on lui apprend, petit à petit, à penser par lui-même, à devenir un citoyen critique ? Est-ce qu'on lui apprend que sa parole peut avoir un impact ? On voit qu'en effet, dans les discours et dans toute cette mouvance, il y a une envie de démocratie à l'école, mais dans le vécu quotidien de l'élève, on la retrouve très peu.
Comment pourrait-on rendre ces belles idées, ces belles paroles plus concrètes sur le terrain ? Par quels mécanismes ?
M.L. : La démocratie, ça demande du temps et des moyens. C'est la première chose : instituer du temps scolaire, des professeurs, des personnes en charge qui peuvent prendre le temps de discuter ensemble, en classe, d'un projet commun. Ça demande donc des ressources en termes de financement, pour avoir du temps de travail dédié à ça, mais aussi des lieux qui puissent être consacrés à des rassemblements, à des discussions collectives, à des débats. Il y a donc d'abord la question des ressources.
Ensuite, il faut une réflexion globale. Il n'y a pas de recette magique pour dire : « La démocratie, c'est ça, et on va l'imposer comme ça. » Il s'agit de réfléchir globalement à la manière dont on va organiser collectivement notre mode de travail, notre mode d'organisation, notre mode de décision et de pouvoir. Et malheureusement, il n'y a pas de baguette magique : ça se discute ensemble.
Vous parlez des ressources comme point de départ. J'ai l'impression qu'on s'en éloigne avec les réformes actuelles : en termes de temps et d'argent pour l'école, on va plutôt dans l'autre sens.
M.L. : Exactement, c'est tout le paradoxe. Pour le moment, les écoles et notamment celles qui sont le plus en difficulté, celles du qualifiant et du professionnel, voient leurs ressources encore plus limitées, voire ferment complètement. C'est au détriment des élèves, de leur vécu, de leur parole, de leurs besoins. C'est la première question à se poser dans toutes ces réformes : quel impact ont-elles sur les élèves ? Et là, l'impact est énorme. Parler d'ajouter de la démocratie à l'école tout en sous-finançant l'enseignement, c'est aussi un paradoxe global.