Comme ailleurs, les contestations portent principalement sur les économies faites dans les écoles francophones. Mais ici à Ciney, le mouvement se voulait pacifiste.
Ce matin, des dizaines d'élèves ont bloqué les accès de l'Institut Saint-Joseph de Ciney pour dénoncer les économies annoncées dans l'enseignement. Hausse du prix de l'abonnement TEC, hausse du minerval, mais pas seulement, expliquent Karim et Zoé, deux élèves.
Nous sommes aussi là pour dénoncer les classes surchargées et défendre l'avenir des filières techniques et qualifiantes, qui risquent d'être supprimées. On augmente tout et je ne sais même pas si je pourrai encore envisager des études supérieures. J'ai déjà deux jobs étudiants et bientôt peut-être trois pour pouvoir tout payer. Là, je commence vraiment à en avoir ras le bol.
Des élèves ont donc décidé de bloquer les accès de leur école pour faire entendre leur voix, mais dans le calme. Les élèves les plus jeunes étaient d'ailleurs autorisés à entrer. Une manière de se démarquer des débordements constatés à Liège, selon Danielle, une autre élève.
Notre objectif n'est pas de casser, mais de rester pacifiques. À Saint-Joseph, nous voulons simplement faire passer le message que nous ne sommes pas d'accord avec les nouvelles réformes.
Pour sensibiliser les élèves directement concernés par le mouvement, ceux qui se sont retrouvés bloqués à la grille, certains contestataires, dont Michaela, ont pris le temps de leur expliquer les raisons de leur mobilisation.
S'ils sont simplement bloqués sans comprendre pourquoi, cela ne sert à rien. L'objectif est de sensibiliser tout le monde, même ceux qui ne sont pas forcément d'accord. Au moins, ils savent pourquoi nous sommes là et nous pouvons essayer de les convaincre, parce que ces mesures concernent tout le monde.
Des professeurs aussi mobilisés
Même si le mouvement est resté calme, il a tout de même perturbé le fonctionnement de l'école. Le directeur des 2e et 3e degré, Olivier Callens, a tenté de composer au mieux avec la situation.
Sur le fond, certaines revendications doivent évidemment être entendues. La question porte davantage sur la forme et la manière de structurer les mouvements, afin que la parole soit réellement entendue sans être éclipsée par d'éventuels débordements ou dérives. C'est surtout ce point qui attire notre attention et notre vigilance aujourd'hui.
Les élèves ne sont pas les seuls à avoir manifesté ce matin. Une dizaine de professeurs affiliés à la CSC ont également marqué leur opposition devant l'école. Parmi eux, Christophe Gilet.
Ce sont les mêmes revendications et nous nous battons tous pour la même chose. Maintenant, ce sont deux mouvements différents et leur action n'est pas une instrumentalisation des élèves par les professeurs. Les enseignants se mobilisent contre les réformes de Madame Glatigny, notamment à travers des arrêts de travail durant la première heure du matin.
Les élèves, eux, comptent bien poursuivre leur mobilisation. De nouvelles actions devraient être organisées demain et lundi prochain.