Les mouvements de grève se poursuivent dans l'enseignement. À Ciney, plus de 1.000 élèves de l'Institut Saint-Joseph ont manifesté ce lundi pour soutenir leurs professeurs et dénoncer la réforme.
À 8h20, ils devraient être en classe, mais les élèves sont dans la rue, à Ciney, à quelques mètres de l'entrée de leur école. À la grille, quelques rhétoriciens mettent en place un barrage filtrant et permettent aux plus jeunes de rentrer, à raison d'un élève par minute seulement. Paul Willemart, élève de 6ème :
On laisse rentrer un élève ou une personne par minute. L'idée, c'est surtout de permettre l'accès à ceux qui ne peuvent pas rentrer chez eux ou dont les parents souhaitent qu'ils restent à l'école. L'objectif, c'est aussi de montrer que nous ne sommes pas d'accord avec la réforme. Il y a le côté soutien à nos professeurs, mais nous sommes aussi là pour nous. Avec l'augmentation du minerval et les deux heures supplémentaires pour les profs qui seront appliquées l'année prochaine, nous sommes là pour notre avenir et celui des autres élèves.
"Tout le monde sera impacté par la réforme"
Cette action des élèves marque un tournant dans la mobilisation. De leur propre initiative, les jeunes s'associent au mouvement de colère de leurs professeurs, qui dure désormais depuis deux semaines. Magalie Borms, élève de 6ème :
Tout nous concerne, que ce soit pour notre génération, les suivantes ou même nos futurs enfants. Rien que pour l'année prochaine, nous serons directement concernés, notamment par le coût des études. Les élèves, les parents, les professeurs : tout le monde va être impacté. De toute façon, ces réformes ne touchent pas uniquement les enseignants, elles concernent tout le monde, qu'on le veuille ou non.

Thomas Cassart, élève de 6ème :
Nous sommes d'abord là pour nous, puisque nous sommes en rhéto et que le minerval va augmenter. C'est la première raison de notre mobilisation. Ensuite, nous sommes aussi là pour soutenir nos professeurs et préserver la qualité de l'enseignement. Nous trouvons ces réformes très mauvaises.
Liam Gilot, élève de 6ème :
Nous sommes là pour soutenir nos professeurs, pour leur rendre tout ce qu'ils nous ont apporté pendant six ans. Nous nous rendons compte que c'est un enjeu important qui concerne tout le monde. Nous voulons marquer les esprits, faire bouger les choses et nous faire entendre.
Car la réforme de l'enseignement portée par le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles ne concerne pas uniquement le corps professoral, selon ces jeunes mobilisés. Valériane Frippiat, professeure de français :
Quand on discute avec eux et qu'on voit comment ils se sont organisés, on constate qu'ils ont été très efficaces et qu'ils savent parfaitement pourquoi ils sont là. Ils défendent la qualité de leur enseignement. Certains sont en rhéto et, dans quelques mois, se retrouveront à l'université avec un minerval qui explose. D'autres ont des petits frères ou des petites sœurs et se battent aussi pour eux. Nous sommes extrêmement fiers d'eux.

"Réforme mortifère"
Si cette grève spontanée des élèves a paralysé les cours ce lundi à Saint-Joseph, elle a surtout ravivé la flamme de la mobilisation. Antoine Ansseau, professeur de français :
Les élèves se rendent compte de ce que nous vivons. Ils comprennent aussi ce qu'ils vont eux-mêmes vivre. À leurs yeux, ces réformes sont mortifères pour l'enseignement. Or, l'enseignement, ce sont ceux qui enseignent et ceux à qui l'on enseigne. Il est important qu'il y ait aujourd'hui un front commun. J'insiste sur le fait qu'il s'agit d'une démarche qui vient des élèves eux-mêmes. Ils ont choisi de nous rejoindre et je trouve cela formidable. Nous sommes partis sur un mouvement d'une journée avec eux, mais nous ne savons pas encore ce qu'il en sera ensuite.
Olivier Callens, directeur de l'Institut Saint-Joseph D2-D3 :
Je ne connais pas exactement les intentions des élèves. Comme pour le mouvement des enseignants, nous restons en dialogue étroit avec les équipes éducatives, qui nous informent notamment de la participation des membres du personnel aux différentes actions.
Plus de 1.000 élèves de Saint-Joseph ont pris part à cette mobilisation ce lundi devant les grilles de leur école.