Les élèves ont débrayé à l’Institut de la Providence à Ciney et au Collège Notre Dame à Dinant. Le mouvement débuté la semaine passée à l’Institut Saint Joseph de Ciney fait donc tache d’huile ailleurs.
Deux nouvelles actions de protestation contre la réforme de l'enseignement ont été organisées ce mardi à l'Institut de la Providence de Ciney et au Collège Notre-Dame de Dinant. Dans les deux établissements, plusieurs centaines d'élèves se sont mobilisés pour exprimer leur opposition aux mesures envisagées par la ministre Valérie Glatigny.
À Dinant, les élèves de deux implantations du Collège Notre-Dame se sont rassemblés dans le centre-ville. Pancartes à la main, ils ont fait entendre leur mécontentement lors d'une mobilisation organisée en quelques heures seulement. Parmi les initiatrices du mouvement figure Emeline Fastrez, élève de l'établissement.
Hier soir, nous avons pris la décision entre élèves d'organiser cette action. Nous voyions que les choses bougeaient à Ciney, à Namur ou encore à Liège, alors qu'à Dinant, rien n'était prévu. Pourtant, nous partageons les mêmes inquiétudes. Grâce aux réseaux sociaux, nous nous sommes rapidement concertés et le mouvement a finalement pris de l'ampleur.
Les élèves ont ainsi rejoint un mouvement déjà porté par une partie du corps enseignant. Un soutien particulièrement apprécié par les professeurs, souligne Antoine Maréchal, enseignant au Collège Notre-Dame.
Voir nos élèves à nos côtés est très encourageant. Cela montre qu'ils comprennent que notre mobilisation vise aussi à défendre leur avenir. Beaucoup d'entre eux s'inquiètent des conséquences que certaines mesures pourraient avoir sur leur parcours scolaire et professionnel.
Les revendications rejoignent celles exprimées dans d'autres établissements : opposition à la fin du différencié, critiques de la réforme du qualifiant et refus d'un alourdissement de la charge de travail des enseignants. Mais à Dinant, pour de nombreux élèves de rhéto, les préoccupations concernent également l'enseignement supérieur. C'est notamment le cas de Ninon Six, qui s'inquiète de l'augmentation annoncée du minerval.
Au-delà des droits d'inscription désormais fixés à 1200€, il faut aussi financer le logement, l'alimentation et les supports de cours. Quand on additionne toutes ces dépenses, cela représente un coût très important pour de nombreuses familles.
Des élèves reçus par le bourgmestre
Pour faire entendre leur message, les manifestants se sont ensuite rendus devant l'hôtel de ville de Dinant. Après plusieurs minutes de rassemblement, une délégation a été invitée à rencontrer le bourgmestre, Richard Fournaux. Durant près d'une demi-heure, les élèves ont pu exposer leurs inquiétudes. Le bourgmestre s'est montré à l'écoute de leurs préoccupations, tout en défendant certains aspects de la réforme. À l'issue de la rencontre, Jules Hymon, un des représentants des élèves s'est dit satisfait d'avoir pu faire entendre leur voix.
Je ne sais pas encore quel impact concret cette démarche aura, car les décisions se prennent à un autre niveau. Mais au moins, nous aurons montré que nous nous sommes mobilisés et que nos préoccupations ont été entendues.
L'action s'est achevée vers 11h30 et la majorité des élèves ont ensuite regagné leur établissement. Une nouvelle mobilisation est déjà annoncée pour mercredi matin. À Ciney également, le mouvement devrait se poursuivre avec une manifestation réunissant plusieurs écoles de la ville à partir de 9h20, avec l'accord du bourgmestre.