La commission d'enquête parlementaire spéciale «inondations» a commencé au Parlement de Wallonie. Elle a pour but de faire toute la lumière sur la prévention et la gestion des inondations des 14 et 15 juillet.
Pour sa première matinée d'auditions, les 21 députés de la commission d'enquête parlementaire "inondations" ont auditionné , durant quatre heures, Sylvie Marique, la Secrétaire générale du service public de Wallonie qui est en outre, une des commissaires à la reconstruction.
Le but de cette commission d'enquête est de tirer des conclusions permettant de mieux gérer à l'avenir des crises telles que les inondations catastrophiques de juillet dernier. La première audition a en tout cas mis en lumière la complexité du service public de Wallonie. Un exemple, au-dessus des différentes directions générales wallonnes, se trouve le secrétaire générale. Mais ce secrétaire n'a pas d'autorité sur les directions. Il est là pour assurer une bonne coordination entre les directions. Conclusion, il n'existe pas de capitaine à bord pour diriger le navire en cas de crise.
Il ressort de cette première matinée d'auditions que lors des inondations, plusieurs directions wallonnes ont reçu et/ou traité des informations permettant de prévenir ou de gérer la crise. Chaque direction fonctionnant de son côté sans capitaine à bord, il était parfois difficile de recevoir informations cruciales. A la lumière de ce qui a été dit ce vendredi, il apparaît que le schéma de communication semble avoir été respecté, mais que la lourdeur de l'institution a peut-être ralenti la réaction sur le terrain. Une situation ô combien complexe, explique Sylvie Marique, la secrétaire générale:
Le schéma organisationnel du service public de Wallonie est ainsi. Le secrétaire général n'a pas d'autorité sur les directeurs généraux. Si dans les recommandations, il ressort que pour créer une meilleure coordination, il faut qu'une telle fonction soit créée, nous laisserons le soin aux parlementaires et au gouvernement wallon d'en décider.
Le rôle du centre régional de crise
Parmi les points abordés, il y a le cas du centre régional de crise. Il reçoit les alertes des directions concernées et les transmet aux fonctionnaires délégués en charge. Ces derniers doivent ensuite envoyer l'info aux décideurs locaux. Dans les prochaines semaines, les commissaires veulent donc savoir si un chaînon a mal fonctionné et pourquoi, comme le détaille François Bellot, un des membres de la commission parlementaire « inondations »:
On va avoir toute une série de questions sur la manière dont les barrages ont été gérés, les écluses et les barrages mobiles. Cela ne concerne pas la Lhomme et la Wamme puisqu'il n'y a pas de barrage en amont de ces cours d'eau. Il n'existe que des relevés de la hauteur de l'eau. Madame la Secrétaire nous a bien expliqué quelles étaient les attributions des différents services et les responsables.
La commission débute, on est donc loin de tirer des conclusions. Ce sont les auditions successives qui permettront aux commissaires de comprendre la gestion de cette crise. Il n'empêche que dans certaines communes sinistrées, la gravité de la situation n'aurait pas été transmise aux autorités locales à temps d'après certains députés de la commission. Le système est-il grippé? Y aurait-il eu des manquements? C'est ce que les commissaires vont tenter de comprendre. À Rochefort, l'alerte avait pourtant bien été lancée, précise François Bellot:
En ce qui me concerne, moi qui habite Jemelle, j'ai bien reçu le message de BeAlert en tant que citoyen. On avait eu un ordre d'évacuation. On en souriait et on n'était pas conscient d'à quel point l'eau allait monter durant la nuit.
Le travail de la commission durera au moins jusqu'au mois de novembre. Les auditions sont prévues tous les vendredis.