Agriculture

La ferme de Jambjoule à Villers-sur-Lesse : un modèle du pâturage tournant ?

publié le:23/10/2026 13:35:00 - mis à jour: 26/10/2026 16:52:34

À Villers-sur-Lesse, Bernard Convié fait évoluer son système d’élevage pour mieux valoriser ses prairies. Depuis 2024, il pratique le pâturage tournant de manière plus rigoureuse.

Tous les jours ou presque, les vaches de la ferme de Jambjoule découvrent une nouvelle parcelle. En limitant le temps passé sur chacune d'elles à un ou deux jours maximum, Bernard Convié cherche à favoriser une repousse régulière de l'herbe et à éviter le surpâturage.

On pratiquait déjà par le passé, mais avec des grandes parcelles. Là, on a redécoupé le parcellaire pour faire des parcelles où les vaches pâturent un jour, voire deux jours maximum. Et on l'a fait pour avoir une pousse de l'herbe beaucoup plus régulière, une qualité d'herbe plus régulière et pour anticiper aussi les changements climatiques.

Moins de fourrage, une période de pâturage plus longue

Cette gestion plus rigoureuse des prairies présente plusieurs avantages. En laissant davantage de temps à l'herbe pour repousser, l'éleveur cherche à préserver la flore et à maintenir une ressource alimentaire de qualité pour son troupeau. À la ferme de Jambjoule, les effets se ressentent notamment dans la consommation de fourrage.

La consommation de fourrage a diminué et la durée de pâturage aussi a augmenté. Ça permet de sortir les vaches un peu plus tôt dans l'année et de les rentrer à l'étable un peu plus tard.

Le pâturage tournant ne permet toutefois pas de s'affranchir des aléas climatiques. En période de sécheresse, comme cet été, même une bonne gestion des parcelles ne suffit pas toujours à couvrir les besoins du troupeau. Il faut alors compléter l'alimentation des vaches.

On pourra éviter les dégâts, soit par temps humide pour éviter le piétinement, soit par temps trop sec et donc éviter du surpâturage. Mais cette méthode nécessite aussi de disposer d'un nombre suffisant de parcelles pour faire face aux périodes plus difficiles comme on a connu cet été.

Une expérience partagée avec d'autres éleveurs

L'expérience de la ferme de Jambjoule intéresse d'autres agriculteurs. Le syndicat agricole FUGEA organise régulièrement des visites dans les exploitations wallonnes afin de permettre aux éleveurs de découvrir des pratiques directement sur le terrain et de s'en inspirer, comme le confirme Thomas Huyberechts, chargé de mission à la FUGEA.

Il y a des éleveurs qui sont dans des méthodes de pâturage plus poussées depuis quelques années. Donc ils nous permettent, à nous les autres éleveurs et éleveuses, de prendre exemple et en tout cas de tirer des choses qu'on sait répliquer dans nos fermes grâce à leur expérience.

Ces rencontres permettent aux agriculteurs d'échanger sur leurs réalités respectives et d'identifier des pistes qu'ils pourraient adapter à leur propre exploitation.

Antoine Peret, Journaliste
antoine.peret@matele.be

 

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