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DOSSIER POULAILLER | Pourquoi la Wallonie attire-t-elle de plus en plus de projets ?

publié le:01/10/2026 11:59:00 - mis à jour: 01/10/2026 17:45:17

Unsplash : Julio Reynaldo

La multiplication des projets de poulaillers suscite souvent l'opposition de riverains. Mais pourquoi de tels projets voient-ils le jour ? Et pourquoi le chiffre de 39.000 volailles revient-il si souvent ?

Ces derniers mois, plusieurs projets avicoles ont fait parler d'eux dans la région de Ciney et ses environs. Entre Ychippe et Chevetogne, un projet prévoit ainsi l'installation de 18.000 volailles. À Leignon, ce sont 39 000 poulets qui sont concernés par un projet qui a suscité une forte opposition locale avant d'être autorisé. À Sinsin, une exploitation existante pourrait quant à elle pratiquement doubler sa capacité, en passant de 30.000 à 60.000 animaux. Enfin, ce mercredi 30 octobre débutait une enquête publique sur un projet de 39.600 poulets à Sommière (Onhaye).

Ces dossiers ne se trouvent toutefois pas tous au même stade. Certains font encore l'objet d'une demande de permis ou d'une enquête publique, tandis que d'autres ont déjà obtenu leur autorisation et sont en cours de réalisation.


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Un contexte favorable au développement de l'élevage avicole

Comment expliquer cette multiplication des projets de cette ampleur en Wallonie ? Une partie de la réponse se trouve au nord du pays. En Flandre, les règles environnementales liées aux émissions d'azote se sont fortement durcies ces dernières années.  Pour les élevages intensifs, obtenir l'autorisation de construire un nouveau poulailler ou d'agrandir une exploitation y est donc devenu plus complexe.

Avec un cadre réglementaire différent, la Wallonie peut dès lors apparaître comme une alternative pour certains porteurs de projets. Plusieurs associations et collectifs citoyens dénoncent d'ailleurs le risque de voir une partie de l'activité d'élevage se déplacer progressivement vers le sud du pays.

Le développement du secteur reste toutefois encadré. En Belgique et en Wallonie, des mécanismes de régulation visent notamment à éviter une saturation du marché. Catherine Collot, chargée de mission au Collège des producteurs, explique : 

Il n'y a pas qu'en Wallonie. En Flandre occidentale, on cite des chiffres assez élevés de projets de poulaillers standard et dans le nord de la France aussi. Le secteur est attentif : nous, les abattoirs et le syndicat des volailles flamandes qui demande d'être prudent aujourd'hui, car c'est un risque aujourd'hui d'avoir un surplus de poulets qui ferait que les prix vont chuter, vu que c'est un marché de l'offre et de la demande au niveau de la Belgique.

Une consommation de poulet en hausse

Cette dynamique s'explique également par l'évolution de la consommation.

Le poulet reste une viande relativement accessible pour les consommateurs. Il bénéficie aussi d'une image favorable sur le plan environnemental par rapport aux viandes rouges et est souvent présenté comme une viande riche en protéines et relativement pauvre en matières grasses.

Pour Catherine Collot, cette demande contribue à soutenir le développement du secteur : 

La viande de volaille n'est pas chère, elle est reconnue pour sa qualité nutritionnelle. Il n'y a pas de tabous autour de cette viande. C'est facile à cuisiner, surtout avec toutes les découpes que l'on peut acheter en magasin. La viande bovine est en baisse au niveau de la consommation. C'est le porc que l'on mange le plus, surtout au niveau des charcuteries.

Pourquoi 39.000 volailles et pas 40.000 ?

Un autre chiffre revient régulièrement dans les dossiers : 39.000 volailles. Ce nombre n'est pas choisi au hasard. En Wallonie, le nombre d'animaux présents dans un élevage détermine notamment le régime de permis auquel le projet est soumis.

Entre 30 et 1.500 volailles, une simple déclaration administrative auprès de la commune suffit. Entre 1.501 et 40.000 volailles, l'exploitation relève de la classe 2. Au-delà de 40.000 animaux, le projet passe en classe 1 et doit notamment faire l'objet d'une étude d'incidences environnementales.

Le seuil étant fixé à 40.000 volailles, certains projets sont donc dimensionnés juste en dessous, autour de 39.000 animaux.

Cela ne signifie toutefois pas qu'un projet de 39.000 volailles est automatiquement accepté. Il reste soumis à un permis d'environnement et doit être évalué par les autorités compétentes.

Différents type d'élevage

Tous les élevages de poulets ne fonctionnent pas de la même manière. En Belgique, on distingue trois grands modèles, qui se différencient par les races utilisées, la durée d'élevage, l'alimentation ou encore l'accès à l'extérieur.

Le poulet biologique mise sur le bien-être animal. Les volailles sont issues de races à croissance lente et sont élevées pendant 73 à 81 jours. Elles doivent avoir quotidiennement accès à une prairie extérieure.

Ensuite, on retrouve le poulet de qualité différenciée. Ce modèle repose sur des races plus rustiques, élevées pendant environ 56 à 70 jours. Les volailles bénéficient également d'un accès à l'extérieur.


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Enfin, le poulet standard, ou conventionnel, est le modèle majoritaire en Belgique et particulièrement en Flandre. Il repose sur des races à croissance rapide et sur des cycles d'élevage beaucoup plus courts, de l'ordre de 35 à 42 jours. Les volailles sont élevées exclusivement en intérieur.

Nuisances, trafic et émissions au cœur des contestations

Derrière ces chiffres se pose finalement une question plus concrète pour les communes concernées : quel sera l'impact de ces élevages sur leur environnement immédiat ?

Nuisances olfactives, circulation des poids lourds, intégration paysagère, gestion des effluents ou encore émissions atmosphériques font partie des éléments régulièrement soulevés par les riverains et les opposants aux projets.

Alors que plusieurs dossiers sont actuellement en cours en Wallonie, la question de l'équilibre entre développement de la filière avicole, demande des consommateurs et acceptabilité locale devrait donc continuer à alimenter les débats.

Fiorine Guéry, Journaliste
fiorine.guery@matele.be

 
 

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