La dermatose nodulaire inquiète les éleveurs en Europe. Aucun cas en Belgique à ce stade, mais le gouvernement se prépare. Cette maladie touche uniquement les bovins et n’est pas transmissible à l’Homme.
Fièvre élevée, grande fatigue, chute de la production laitière… et surtout l'apparition de nodules douloureux sur la peau. La dermatose nodulaire contagieuse touche actuellement plusieurs élevages bovins en Europe. Un premier cas a été détecté en France il y a quelques mois. En Belgique, aucun foyer n'a encore été signalé, mais la vigilance est de mise : la maladie se propage rapidement, explique Cécile Demblon, vétérinaire.
Cette maladie a un effet saisonnier et est transmise, entre autres, par des insectes piqueurs tels que les mouches ou les taons. Le virus peut également être transmis par contact direct. Un animal contaminé peut le transmettre via ses sécrétions à un animal sain.
Aucune alternative à l'abattage : "Autant nous abattre aussi"
À ce stade, aucun traitement n'existe. Lorsqu'un animal est contaminé, il doit être abattu, tout comme ceux qui auraient été en contact avec lui. Une mesure radicale, vécue comme un véritable choc pour les éleveurs, comme Didier Noël.
Autant nous abattre directement avec nos bêtes. Vous imaginez ? On vit là-dedans tous les jours. Et puis, en un rien de temps, on vous tue tout et vous devez tout nettoyer. Vous êtes perdu. Je n'ose même pas l'imaginer.
Le Belgique achète plus de 200 000 doses de vaccin
Pour enrayer la propagation, une seule solution : la vaccination. David Clarinval, ministre fédéral de l'Agriculture, annonce que la Belgique a décidé de commander 200 000 doses, en complément des stocks de la Commission européenne, afin de pouvoir réagir rapidement en cas de foyer.
On ne peut vacciner que lorsque la maladie est présente sur le territoire. Pour des raisons de législation européenne, ce type de maladie, classée en catégorie A, ne permet pas de vaccination préventive. Pourquoi ? Parce que si l'on vaccine, toute une série de contraintes s'appliquent, notamment en matière de commerce. La Belgique ne pourrait alors plus commercer.
Une propagation du virus due aux transports internationaux
En parallèle, les éleveurs s'inquiètent de la propagation de la maladie via le transport international d'animaux.
Il y a encore des gens qui importent des bêtes en Belgique depuis des zones situées à la limite des zones réglementées. Ça nous fait très peur, et tout ça pour gagner parfois quelques centaines d'euros. Certains sont prêts à n'importe quoi dans le commerce, et c'est effrayant. C'est là-dessus qu'il faut agir.
Des mesures strictes pour limiter les échanges commerciaux avec les pays contaminés
Face à ce risque, le gouvernement envisage des mesures plus strictes, notamment pour limiter les échanges commerciaux avec les pays touchés, précise le ministre.
Il y aura d'abord des contrôles au moment de la volonté d'achat, puis une mise en quarantaine de 30 jours pour les animaux français qui seraient achetés. Un second test sera réalisé avant de libérer l'animal, afin d'être absolument certain qu'il n'est pas contaminé. Une surveillance supplémentaire de 40 jours est également prévue.
Un arrêté ministériel devrait être adopté dans les prochaines semaines, à l'approche des beaux jours. En attendant, le secteur agricole retient son souffle, dans l'espoir que la dermatose nodulaire ne franchisse pas nos frontières.