Grève

La réforme de l'enseignement : "On a tout à perdre dans cette histoire !"

publié le:27/01/2025 17:45:00 - mis à jour: 28/01/2025 19:12:39

Plus de 30.000 enseignants en grève ont manifesté à Bruxelles ce lundi. lls s'opposent fermement aux mesures annoncées par le gouvernement MR -Engagés.

Plus de 30.000 enseignants étaient dans les rues de Bruxelles ce lundi 27 janvier. Le cortège bruyant est en grogne par rapport auxs mesures annoncées par le gouvernement MR – Engagés.

"Nous avons peur pour notre poste"

Les enseignants du sud du pays et de Bruxelles s'y opposent fermement, dont certains de notre région qui ont fait le déplacement, à l'instar d'Astrid Damanet, institutrice dans la commune de Beauraing :

En tant que jeunes enseignantes, nous ne sommes pas nommées et du coup, nous avons peur pour notre poste et pour l'emploi dans l'enseignement à l'avenir. Nous allons essayer de nous faire entendre.

Quelques mètres plus loin, on retrouve Mathieu Magerotte, délégué CSC Enseignement à Rochefort et Jemelle :

Nos élèves ont des besoins différents. Les exclure de la scolarité à partir de 18 ans, ça nous inquiète. Tout le monde n'est pas prêt à fonctionner sans tutelle à cet âge-là. C'est dans l'ADN de l'enseignement de les accompagner le plus loin possible et de la meilleure manière. 

"Le succès est énorme"

Pour bon nombre d'enseignants, et surtout les plus jeunes, il s'agit de leur toute première manifestation dans les rues de Bruxelles. 
Pour les anciens, ce mouvement de protestation a tout d'un grand, et n'est pas sans rappeler les grèves de l'enseignement qui ont secoué le pays dans les années 90. Olivier Bouillon, secrétaire général CGSP Enseignement :

Nous sommes plus de 35.000. Le succès est énorme. La colère est énorme aussi. Ce qui se passe est scandaleux. Il y a beaucoup de choses à craindre. D'abord, il y a une réduction des investissements dans l'enseignement, puis on massacre l'enseignement qualifiant aussi. On les empêche de s'inscrire dans une septième et donc d'avoir une deuxième qualification pour être mieux armés sur le marché de l'emploi. C'est absolument scandaleux. Mais il y a aussi ce fameux CDI dont on ne sait pas à quoi il va ressembler. Quelle que soit la forme, on n'en veut pas. Les enseignants a tout à perdre dans cette histoire. 

"Le MR et Les Engagés devront accorder leurs violons"

Sous les coups de sifflets, et quelques gros pétards, les profs marquent un premier arrêt significatif devant les bâtiments du Mouvement Réformateur, parti de Valérie Glatigny, la Ministre de l'enseignement. Les manifestants feront de même quelques instants plus tard devant les locaux des Engagés, puis devant le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Avec l'espoir que les décideurs politiques revoient leur copie. Masanka Tshimanga, présidente communautaire SLFP Enseignement :

J'espère qu'on pourra bouger les lignes en rencontrant le gouvernement, et qu'ils tendront enfin la main aux syndicats pour discuter de manière objective et pour remettre les choses à plat. 

Roland Lahaye, secrétaire général CSC Enseignement, poursuit :

Un des deux partis qui forment la majorité est venu aujourd'hui à notre rencontre. Il nous a dit être prêt à concerter. J'espère que l'autre parti, qui est dans la même majorité fera le même pas vers nous. Il faudra qu'ils accordent leurs violons.

Cette manifestation dans les rues de Bruxelles marque cette première journée de grève dans l'enseignement. Demain, mardi, plusieurs actions décentralisées sont prévues dans le sud du pays et dans la capitale. Des piquets de grève devraient aussi se tenir devant de nombreuses écoles de notre région.

Benjamin Mars, Journaliste
benjamin.mars@matele.be

Revoir Le Journal

CDJ

22H30