À Dinant, l’IFAPME est le seul centre de Wallonie à proposer une formation atypique de scaphandrier. Dispensée depuis 30 ans, elle attire toujours autant : 24 inscrits cette année.
Ils plongent pendant 20 minutes, avec un objectif : s'habituer au matériel… et à cette respiration en scaphandre, si particulière. Ce premier exercice pratique est parfaitement sécurisé : seulement trois mètres de profondeur, dans une petite cuve… mais l'expérience est malgré tout immersive et confinée, expliquent Charles Patzelt et Alix Labaeye, deux participants à la formation.
On ne voit rien, mais c'est agréable. Je ne suis pas encore super à l'aise, mais ça s'apprend, ça va venir avec le temps. Dans l'eau, le temps passe moins vite et franchement, c'est agréable.
L'exercice est encadré par trois formateurs, dont Valentine Deplanche. Pendant toute l'année, elle accompagne les 24 élèves inscrits. Son rôle : leur transmettre les bons réflexes et les conseils nécessaires pour ce métier atypique.
Au début de la formation, on leur apprend à se familiariser avec le matériel et à comprendre son fonctionnement. L'objectif est aussi de leur donner confiance dans cet équipement et de leur montrer qu'il est fiable. En cas de panne d'air, ils savent qu'il existe toujours une procédure pour sortir de l'incident.
Une formation d'un an
Sur l'année de formation, les élèves suivent des cours théoriques tous les samedis, complétés par cinq semaines de cours pratiques, qui viennent de débuter. La formation se termine par cinq semaines de stage pour apprendre le métier, explique Moustapha Mezdaoui, formateur pour l'IFAPME.
Il faut prendre conscience de ce que représente le travail sous l'eau. Ce n'est pas un environnement qui nous est naturel, et la pénibilité est importante. Respirer dans un casque, avec de l'air délivré à la demande, est très différent de respirer à l'air libre. Même lorsqu'on est épuisé, il faut continuer à fournir un effort pour respirer. C'est particulièrement fatigant.
Cette formation, la seule en Wallonie, attire des élèves francophones… souvent déjà passionnés de plongée, comme Loïc Le Teno et Eloi Schiltz, deux autres participants.
Comme je pratiquais déjà la plongée depuis plus de dix ans, je me suis naturellement orienté vers le métier de plongeur-soudeur, puis progressivement vers celui de scaphandrier. Le fait que la formation soit exigeante et qu'on apprenne directement sur le terrain a vraiment été un plus. Je me suis dit : pourquoi ne pas essayer ? C'est certes un métier à risques, mais avec une bonne formation, comme celle dispensée à Dinant, on peut les limiter. Et j'ai vraiment hâte de découvrir la suite.
Mais les débouchés restent limités : les places sont peu nombreuses dans le secteur. Dans les prochaines années, l'IFAPME espère également attirer davantage de femmes. Cette année, aucune ne s'est inscrite.