Enseignement

Réforme de l’enseignement : le casse-tête des horaires avant la rentrée

publié le:20/08/2026 16:29:00 - mis à jour: 21/08/2026 15:00:19

La modification du nombre d’heures des enseignants entraîne en tout cas un véritable casse-tête pour les directions, qui doivent composer les nouveaux horaires. Certains professeurs vont perdre leur emploi.

À l'Athénée de Rochefort-Jemelle, les classes sont encore vides… sauf dans le bureau du directeur, où l'on s'active déjà. Ici, le nouveau décret a un impact plutôt limité. La taille relativement petite de l'école, avec 250 élèves et 72 professeurs, y est sans doute pour quelque chose. Mais le passage de 20 à 22 heures de cours par semaine pour les enseignants chamboule tout de même l'organisation, avec de nouvelles affectations pour les professeurs nommés, explique Gérard Lupcin, le directeur.

Comme ils sont nommés, je suis tenu de leur donner deux heures supplémentaires. Et donc, ils doivent récupérer des heures dans l'inférieur… au détriment d'un enseignant temporaire dont le nombre d'heures de travail risque donc d'être réduit.

Certains pourraient donc devoir aller chercher des heures dans d'autres établissements, avec des conséquences sur l'organisation des écoles.

Le but d'un enseignant, surtout s'il est bien dans son école, c'est d'y rester le plus longtemps possible. Cette réforme va entraîner évidemment une instabilité supplémentaire. Et donc, on va peut-être avoir des enseignants qui vont dire : « non, terminé l'enseignement ». Oui, effectivement, il va y avoir un impact.

Le tronc commun : autre nouveauté à prendre en compte

Au Collège de Bellevue à Dinant, le casse-tête des horaires est même géré par une équipe de quatre personnes. L'établissement est beaucoup plus important, avec 1 200 élèves et 160 professeurs. Une taille qui rend l'exercice encore plus complexe. D'autant que, il y a quelques jours, les écoles ont appris que les enseignants qui prestent déjà 21 heures devront désormais en prester 23. Un changement de dernière minute qui implique de nouveaux choix, regrette Alain Koeune, directeur du Collège Notre-Dame de Bellevue.

On a dû réorganiser les choses en se disant : peut-être ce professeur-là peut-il donner un rattrapage supplémentaire, peut-être une coordination supplémentaire, parce qu'il n'y a pas de cours d'une heure. Et donc, on est vraiment obligé de jongler avec l'imprévu. Dans un ou deux cas, on n'a pas su faire autrement que de décomposer certains cours entre deux professeurs qui vont devoir avoir chacun deux heures.

Autre nouveauté de cette rentrée : l'arrivée du tronc commun. Avec la fin du différencié, certaines heures seront désormais consacrées à de l'accompagnement renforcé pour les élèves en difficulté.

Mais nous ne connaissons pas ces élèves-là, donc ils arrivent, mais on ne sait pas qui ils sont. On ne sait pas, a priori, comment les aider. Donc, on ne sait pas non plus quels moyens doit-on donner pour ces élèves en particulier. C'est une des questions pour lesquelles on ne sait pas trop comment on va s'y prendre, en tout cas dans les prochaines semaines.

Comme à l'Athénée de Rochefort, aucun professeur du Collège de Bellevue n'a perdu la totalité de ses heures. Un hasard, selon la direction, qui se réjouit d'une hausse des inscriptions permettant de conserver tous les enseignants. D'autres écoles n'ont pas cette chance et ont dû se séparer de certains d'entre eux.

Gautier Falque, Journaliste
gautier.falque@matele.be

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