En visite à Ciney, le ministre wallon de l’Économie Pierre-Yves Jeholet a présenté la réforme des agences de développement local. Celles qui couvrent des communes de moins de 10.000 habitants vont disparaitre.
Annoncer la suppression de certaines agences de développement local… en plein Week-end du Client, cela peut paraître étonnant. C'est pourtant ce qu'a fait le ministre wallon de l'Économie ce samedi, à Ciney. Selon Pierre-Yves Jeholet, cette réforme n'est pas une question d'économie, mais bien d'efficacité.
Aujourd'hui, certaines ADL s'occupent de tout et n'importe quoi. Avec cette réforme, nous voulons recentrer leur mission sur le commerce de proximité.
Concrètement, les ADL des communes de moins de 10.000 habitants vont disparaître en 2030. Dans l'arrondissement de Dinant, cela concerne celles de Bièvre-Vresse et Anhée. Le responsable de cette dernière, Nicolas De Beurme, ne cache pas sa déception face à cette annonce.
J'étais presque en pleurs quand on l'a appris. Tout le travail que nous avons mis en place ici risque de s'effondrer avec une seule décision. C'était donc très difficile à encaisser. Heureusement, avec la commune et mon collègue, nous avons déjà commencé à réfléchir à l'avenir et à chercher des solutions.
Vers des collaborations entre communes ?
Ces agences ont été créées pour dynamiser l'économie, favoriser la création d'emplois et renforcer l'attractivité d'un territoire. Supprimer celles des plus petites localités ne risque-t-il pas de pénaliser les zones rurales ? La réponse du ministre.
Pour des communes de 3.000, 4.000 ou 5.000 habitants, avoir chacune sa propre ADL n'est pas nécessairement pertinent. Il peut y avoir de vraies synergies entre plusieurs communes, avec la possibilité pour les plus petites de travailler ensemble.
De nouvelles ADL, regroupant plusieurs communes, pourraient donc voir le jour. Dans l'arrondissement de Dinant, trois agences remplissent les critères, elles peuvent donc demander un nouvel agrément, sans certitude toutefois de l'obtentir : Rochefort, Dinant et Ciney.
Le bourgmestre cinacien, Frédéric Deville, se réjouit du maintien de son ADL, même s'il reconnaît que certains nouveaux critères pourraient avoir un impact sur le personnel. Les ADL passeront notamment d'une structure communale à une structure privée.
Cela pourrait effectivement avoir des conséquences pour nos collaborateurs, notamment nos deux agents communaux qui se démènent depuis plusieurs années pour défendre les commerces du centre-ville. En changeant de structure, ils pourraient perdre certains avantages liés à leur statut, voire leur ancienneté. Nous devons donc rester vigilants pour protéger nos agents communaux, dont nous sommes très satisfaits.
Autre changement : les ADL devront se recentrer uniquement sur les activités commerciales. Une évolution que regrette le responsable de l'ADL d'Anhée.
Les nouvelles missions sont beaucoup plus limitées que celles que nous menons actuellement sur le territoire. Nous travaillons sur de nombreux projets et surtout sur l'attractivité globale du territoire, pas uniquement sur l'attractivité commerciale. Or, les commerces bénéficient directement de cette attractivité.
Pour l'UCM, cette réforme est une victoire. Le seuil initialement prévu de 20.000 habitants a finalement été abaissé à 10.000. L'Union des Classes Moyennes promet par ailleurs de soutenir les commerces locaux, directement concernés par cette réforme.
Cet article a été corrigé suite à des erreurs factuelles, le 5 octobre à 11 heures. Les ADL concernées par le seuil de 10.000 habitants sont celles de Anhée et Bièvre-Vresse et non celles de Anhée, Gedinne-Bièvre et Beauraing comme indiqué initialement.