Patrimoine

La restauration du porche sud de la Collégiale de Dinant entre dans le vif du sujet avec le démontage des pierres

publié le:16/03/2026 16:30:00 - mis à jour: 18/03/2026 12:20:33

Les pierres du porche ont été numérotées et seront replacées à l'identique, une fois les travaux de restauration et de consolidation terminés. Un véritable puzzle, qui demande beaucoup de précision.

Après plus de vingt ans d'attente, le chantier de restauration du porche sud de la Collégiale de Dinant se concrétise enfin. Ce lundi matin, les premières pierres sont démontées. Un fleuron de plus de 500 kilos s'envole dans les airs, soulevé par une grue, pour atterrir sur la place Reine Astrid. Jonathan rigot, chef de l'entreprise Néo-Lith, en charge des travaux, explique :

On a commencé à démonter les pinacles. Ce sont les pierres les plus importantes, les plus lourdes. À partir du moment où elles sont au sol, on va pouvoir commencer à les analyser. C'est pour cela qu'on les étale un peu partout. Chaque pierre va être répertoriée, prise en photo et sur cette base-là, on va proposer une réparation, qui devra être validée. Le remplacement se fait uniquement en dernier recours, quand la pierre est vraiment trop abîmée.

Le travail ne fait que commencer, puisqu'il y a plus de 300 pierres qui doivent encore être retirées. Elles ont toutes été numérotées et référencées selon un plan précis, pour pouvoir être replacées à l'identique à la fin des travaux. L'opération est très délicate, précise le chef de chantier.

Surtout au début, parce qu'évidemment il ne faudrait pas que le porche termine par terre ! L'AWaP n'apprécierait pas beaucoup. Donc on s'est vraiment concentrés, la semaine passée, en plus de la numérotation, sur le renforcement des étançonnements. Il y en avait déjà beaucoup mais il faut éviter que la voûte ne descende. Il ne faut absolument pas qu'il y ait le moindre mouvement quand on va démonter les contreforts.

L'AWaP au chevet de la Collégiale

Cette opération minutieuse se déroule sous les yeux des passants, mais surtout de l'AWaP, l'Agence wallonne du patrimoine. Sur place, Marie Verbeek, archéologue pour l'AWaP, et son collègue suivent attentivement le démontage du porche. 

Nous, ce qu'on fait, c'est une photogrammétrie. On fait un relevé précis de l'ensemble des pierres pour pouvoir en restituer un plan, une élévation complète. Notre objectif ici, c'est de comprendre comment cette partie de la construction a été mise en œuvre et sur base de ça évidemment comment le restaurer au mieux.

Ce chantier permet aussi aux archéologues d'en apprendre plus sur l'histoire de la Collégiale et, qui sait, peut-être faire de nouvelles découvertes, comme les traces du cloître d'une ancienne abbaye.

Au niveau du porche, on est à la recherche de tous les indices qui permettraient de détecter la présence ancienne, voire très ancienne, au début du Moyen-Âge, du cloître de l'abbaye de Dinant, qui serait antérieure à la Collégiale.

Le démontage du porche sud de la Collégiale de Dinant devrait durer une semaine. Ensuite, la consolidation des fondations pourra débuter. Au total, le chantier devrait durer au moins six mois.

Élisa Sidérius, Journaliste
elisa.siderius@matele.be

 
 
 

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