Le long de l’Hermeton, des étudiants passent leur été à arracher la Balsamine de l’Himalaya. Une mission utile pour la biodiversité, coordonnée par le Contrat de Rivière Haute-Meuse.
Autour du cours d'eau de l'Hermeton, le job étudiant prend une tournure inattendue. Ici, pas de caisse de supermarché ni de terrasse à servir : les jeunes passent leurs journées les pieds dans l'eau, à repérer et arracher la balsamine de l'Himalaya. Cette plante invasive colonise les berges, étouffe les espèces locales et fragilise les sols. Un travail physique, mais apprécié par ...
Être au contact de la nature, il n'y a rien de mieux. Rester assis, c'est une horreur.
Pourquoi arracher la balsamine ?
La balsamine de l'Himalaya est une plante introduite en Europe au XIXe siècle pour ses fleurs décoratives. Problème : elle se propage très vite, notamment via l'eau, et prend la place des espèces locales. En fin d'été, ses capsules de graines peuvent même “exploser”, projetant des centaines de graines plusieurs mètres plus loin. Résultat : les berges s'appauvrissent, les sols deviennent instables, et la biodiversité recule.
Pour limiter son expansion, le Contrat de Rivière Haute-Meuse coordonne chaque été des opérations d'arrachage. Et sur le terrain, un visage revient chaque année : Frédéric Mouchet, présent depuis le lancement de l'opération il y a quinze ans. Il organise les chantiers, encadre les équipes et suit l'évolution des zones envahies.
On retrouve de la Balsamine de l'Himalaya qui était très présente depuis Philippeville, à plusieurs kilomètres. On a travaillé du côté de Soulme et puis on arrive finalement après 20 jours de travail sur Hastière et Hermeton.
Les étudiants, souvent issus de filières en agronomie ou en environnement, trouvent dans cette mission un job qui colle à leurs études et à leurs envies de plein air.
On a des étudiants qui font notamment l'agronomie, l'environnement, qui dans leurs études étudient déjà cet univers. Ils ont envie de travailler ici en plein air plutôt que d'aller travailler enfermé, peut être dans un autre type de job étudiant. C'est du gagnant-gagnant pour eux et pour le Contrat de Rivière.
Déjà 15 ans d'efforts… et des résultats visibles
L'opération n'est pas nouvelle : elle a débuté il y a quinze ans. Et les effets commencent à se voir. Les zones envahies reculent, les berges respirent mieux, et la balsamine perd du terrain.
Il y a des perspectives. En 2011, nous étions à 450 jours-hommes consacrés à cette gestion de la Balsamine. Et maintenant, clairement, sur l'Hermeton il y a une petite dizaine d'étudiants, d'autres travaillent dans la vallée du Viroin. Et grosso modo, on vérifie certains cours d'eau gérés dans le passé pour voir s'ils sont sains de cette plante. On a des résultats. Il reste encore une dizaine d'années pour arriver au bout, mais c'est encourageant.
Les équipes du Contrat de Rivière Haute-Meuse et leurs étudiants continueront d'arpenter les berges de l'Hermeton durant tout le mois d'août, avant de reprendre le travail l'année prochaine. Une mission utile et formatrice, qui prouve qu'on peut aussi passer ses vacances à travailler tout en respirant l'air de la nature.