Mobilité

Le proxibus de Hastière définitivement à l’arrêt

publié le:27/02/2026 13:35:00 - mis à jour: 01/03/2026 12:31:22

À Hastière, c’est la fin d’un service de mobilité bien connu des habitants. Le proxibus, à l’arrêt depuis plusieurs mois, ne reprendra plus la route. Cette décision a été actée lors du dernier conseil communal.

Garé dans le parc des ateliers communaux depuis le mois d'août, le proxibus d'Hastière ne circulera plus. Ce service permettait aux habitants les plus éloignés de certaines grandes lignes de transports en commun de les rejoindre. Mais lors du dernier conseil communal, la majorité a décidé d'y mettre un terme, principalement pour des raisons économiques, explique Simon Bultot, bourgmestre de Hastière.

Le proxibus date de 2010 et est issu du plan de cohésion sociale de la Région. Nous pouvions donc renseigner une partie des dépenses dans ce plan, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui. Il faut comprendre que financièrement, cela nous coûte très cher, donc nous devons faire des choix. Les difficultés budgétaires sont ce qu'elles sont et c'est le service qui va impacter le moins de personnes. Nous ne le supprimons donc pas de gaieté de cœur.

Une rentabilité contestée

Selon la commune, le service coûtait entre 70 000 et 80 000 euros par an, pour une fréquentation jugée trop faible : une dizaine d'usagers quotidiens en moyenne. Des chiffres contestés par l'opposition, qui remet en cause l'analyse du dossier. Pour Mathieu Morelle, celui-ci manquerait d'éléments concrets.

Le dossier est vide. On ne peut pas vérifier cela alors que les chiffres ont dû être transmis au TEC comme chaque année. Et puis, si la ligne avait été problématique, le TEC lui-même serait intervenu puisque c'est lui qui encaisse les recettes. On nous annonce un peu moins de dix usagers par jour, mais ce ne sont pas les calculs que nous faisons de notre côté. Nous estimons à 5 600 prises en charge, soit plus de 20 personnes en moyenne par jour. On est loin des chiffres avancés. Finalement, on est dans le cadre d'un service public et cela me peine de devoir rappeler sa définition : l'impératif n'est pas la rentabilité.

Remplacer le proxibus par un taxi social

Autre difficulté évoquée par la majorité : le recrutement de chauffeurs. Trouver du personnel disposant d'un permis D et agréé par le TEC serait devenu particulièrement compliqué. Simon Bultot explique que, face à cette situation, la commune envisage désormais une solution alternative.

Notre proposition est de mettre à disposition du CPAS un nouveau taxi social, c'est-à-dire acheter un véhicule qui coûtera plus ou moins 20 000 €. Cela devrait aussi permettre de favoriser la réintégration professionnelle : les personnes qui viendront malheureusement frapper à la porte du CPAS pourront être remises au travail en tant que chauffeurs. L'avantage, c'est que pour ce type de véhicule, il n'est pas nécessaire de disposer d'un permis D.

Une solution qui n'en est pas une pour l'opposition

Cette solution est loin de séduire Mathieu Morelle. Pour lui, un taxi social ne remplacera pas un proxibus.

C'est un peu de la poudre aux yeux. Ce sont des mesures présentées pour justifier une économie qui aura des conséquences graves. Le taxi social a une mission différente du proxibus : il ne réalise pas, par exemple, de transport scolaire et fonctionne tout à fait différemment. Ce ne sont pas le même nombre de places, ni les mêmes horaires, ni la même desserte. On n'y crée pas non plus le même lien social que dans un proxibus.

L'acquisition de ce nouveau taxi social devrait être inscrite au budget extraordinaire 2026, qui sera soumis au vote du conseil communal le mois prochain.

Perrine Borlée, Journaliste
Perrine.borlee@matele.be

 
 
 

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