Face au constat d'une baisse des compétences à vélo chez les jeunes dans l'arrondissement de Dinant, l'ASBL Mobilisud forme les élèves d'Hastière au code de la route et à la sécurité.
Dans les écoles de la commune d'Hastière, la rentrée est marquée par un apprentissage particulier : la sécurité routière sur deux roues. Face à des jeunes qui maîtrisent de moins en moins les règles de circulation et la conduite à vélo, l'ASBL Mobilisud, l'ASBL APPER et le Centre Culturel d'Hastière se mobilisent pour former l'ensemble des élèves du primaire. Une journée complète alternant théorie en classe le matin et exercices pratiques l'après-midi pour permettre aux enfants de s'insérer en toute sécurité dans le trafic.
L'initiative s'inscrit dans un projet plus large déployé à l'échelle de l'arrondissement de Dinant. Lancée en 2024, cette formation récurrente revient tous les deux ans dans les établissements scolaires afin d'accompagner les élèves de la 1ère à la 6e primaire au fur et à mesure de leur scolarité, comme l'explique Thomas Tillon, gestionnaire de mobilité au sein de l'ASBL Mobilisud.
On constate dans la région que les enfants savent de moins en moins rouler à vélo et encore moins avec les bons comportements en circulation. Or, nous pensons que le cyclisme est un mode de déplacement d'avenir, donc nous voulions former les jeunes qui seront les futurs cyclistes de demain.
Le programme est adapté à chaque tranche d'âge : apprentissage de la marche à pied en sécurité pour les plus petits (1ère et 2e primaires), exercices d'adresse pour les moyens (3e et 4e), puis circulation directe en rue pour les aînés (5e et 6e).
Du tableau à la selle : « en vélo, tu es un conducteur »
Chaque journée d'apprentissage débute en classe. Sous la conduite d'un formateur, les enfants étudient la signalisation, les priorités à droite, ainsi que les règles de positionnement sur la chaussée. L'objectif principal est d'inculquer le respect des règles fondamentales du code de la route.
Une prise de conscience marquante pour les élèves, à l'image d'Inaya, élève participante.
Ce qui m'a marquée, c'est que quand tu es en vélo, tu es un conducteur ! Et il faut faire attention aux voitures et aux panneaux.
Même pour ceux qui ne possèdent pas de vélo, la théorie porte ses fruits. C'est le cas de Frida, qui retient l'importance de ces leçons pour le quotidien.
Il y a beaucoup de choses qu'il faut apprendre pour le code de la route. J'ai appris les priorités de droite et à bien ralentir avant les carrefours.
La pratique dans la cour avant le grand saut dans la rue
L'après-midi, la cour de récréation se transforme en piste d'entraînement. Avant d'autoriser un groupe à sortir dans le trafic réel, Marvin Lamarche, moniteur d'auto-école et formateur en sécurité routière pour l'ASBL APPER procède à des tests d'agilité pour évaluer le niveau de chaque enfant.
C'est sûr que ça peut faire peur de se dire qu'on va en rue avec des enfants qu'on vient de découvrir mais franchement, après huit ans d'expérience, je sais reconnaître un enfant prêt ou non. Je ne prends aucun risque, je veux m'assurer que chacune et chacun puisse rouler seul et en groupe avant de prendre la route.
Sur la piste, les élèves apprennent à tendre le bras pour indiquer leur direction tout en gardant le contrôle de leur trajectoire. Un défi technique qui demande de la concentration, comme le confie Léo.
J'ai appris à lever la main droite parce que je n'avais pas trop l'équilibre. Et sur la route, il faudra faire attention aux voitures et aux piétons pour ne pas provoquer un accident.
Pour Chloé, la pratique permet de surmonter une petite appréhension.
C'était un peu difficile de lever le bras parce que j'ai eu un petit déséquilibre. Ça me fait un peu peur d'aller sur la route parce que c'est la première fois mais je suis excitée de me lancer.
Un documentaire pour clôturer le tout
Pour prolonger cette sensibilisation sur une note ludique, le projet s'associe au Centre Culturel d'Hastière. Le 5 octobre prochain, une projection spéciale d'un film documentaire sera organisée. Le film retracera le voyage à vélo d'une famille à l'autre bout du monde, clôturant ainsi cette édition avant le retour de la formation dans deux ans pour la génération suivante.