Tourisme

Pitance rachète les kayaks Libert et prend le monopole sur la Lesse

publié le:21/01/2019 14:22:00 - mis à jour: 23/01/2019 14:57:48

Les loueurs de kayaks Pitance ont désormais le monopole sur la Lesse. La famille vient de racheter l'exploitation de leur dernier concurrent, les kayaks jaunes Libert.

Il n'y aura plus de guerre des kayaks sur la Lesse. Nos confrères de la Meuse l'annonçaient ce samedi, des trois familles historiques de loueurs de kayaks à Dinant, il ne reste aujourd'hui plus que les Pitance. Après avoir racheté les activités de la famille Anciaux en 2009, la société d'Olivier Pitance vient d'acquérir les kayaks, les quais et le permis d'exploitation de la société Libert. Une revente que certains imputent à une mauvaise santé financière. Marc Libert, ancien gestionnaire, parle plutôt de ras-le-bol:

C'est toujours plus : plus de taxes, plus de règles, plus de contraintes. On doit désormais mettre des codes barre sur les kayaks, installer de nouveaux panneaux, acquérir de nouveaux P.C. pour permettre l'identification des personnes, les règles du DNF, etc. On n'en finit jamais. Et puis, les conditions météo n'ont pas été de notre côté ces deux dernières années. Et ça ira en empirant au fur et à mesure des années. Une forme de dégoût du secteur est né et nous avons décidé de vendre.

Une aubaine pour la société Dinant Evasion (Famille Pitance) qui, en dix ans de temps, s'est offert le monopole sur la Lesse. Mais au-delà de cela, c'est un rachat stratégique pour les Pitance qui vivent avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Le permis d'exploitation de la société fait l'objet d'un recours au Conseil d'Etat, intenté par un collectif d'associations environnementales, de pêcheurs et de riverains qui dénoncent une surexploitation des kayaks sur la Lesse. Le Conseil d'Etat pourrait prendre plusieurs années avant de se prononcer. Mais en cas de sentence défavorable, le permis d'exploitation Libert serait une belle bouée de sauvetage, comme l'explique Olivier Pitance:

C'est une stratégie sur le long terme. Nous avons un permis d'exploiter en bonne et due forme mais il est contesté au Conseil d'Etat et la menace est réelle. Nous pouvons exploiter 1.375 kayaks/jour. La société Libert, elle, a le droit d'en sortir 600/jours et jusqu'à 800 pendant 20 jours par an. La proportion n'est pas la même mais ce serait une belle roue de secours au cas où.

Quant à la réorganisation de l'infrastructure (quais et kayaks), les réflextions sont en cours et rien n'a encore été décidé à l'heure d'aujourd'hui.

Précisons que seuls les kayaks Libert ont pour le moment été vendus. Le bâtiment des kayaks jaunes, situé en bord de Meuse, est également mis en vente, mais le café-restaurant devrait continuer à tourner durant les deux prochaines années à venir, nous a confié Marc Libert.

Morgane Halloy, Rédactrice en chef adjointe
morgane.halloy@matele.be

 

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