Secours

Les zones de secours peinent à recruter des pompiers volontaires, surtout à Vresse

publié le:07/03/2025 11:55:00 - mis à jour: 08/03/2025 19:57:06

Image d'illustration BELGA

Dans la commune de Vresse, plus qu’ailleurs, c’est compliqué de recruter des pompiers volontaires. La densité de population y est faible et les candidats doivent habiter à proximité de la caserne.

Pour être pompier volontaire dans la commune de Vresse, il faut, selon le règlement, habiter à moins de 8 minutes de la caserne de Alle-sur-Semois. Dans cette contrée où la densité de population est la plus faible de la Province de Namur, recruter est un véritable casse-tête. Patrice Liétart, porte-parole de la zone de secours Dinaphi, le confirme:

A l'heure actuelle, la zone Dinaphi fonctionne avec 90% de volontaires qui ne sont pas sous toit. Ils doivent être à une certaine proximité, un certain nombre de minutes, de manière à avoir des départs qui ont une cohérence par rapport à l'intervention et le secours aux personnes. Donc forcément, dans certaines zones moins densément peuplées, ça devient problématique de recruter des pompiers volontaires. 

Surtout qu'un pompier volontaire est soumis aux mêmes exigences qu'un homme du feu professionnel.

Il faut savoir que les pompiers volontaires ont un premier métier. En termes de contraintes notamment, on peut citer les formations. Un sapeur pompier-ambulancier volontaire doit, avant de commencer son année, faire 72 heures de formation. Il doit également rester disponible envers sa zone pour effectuer ses gardes.

"La caserne de Alle ne disparaîtra pas"

À Vresse-sur-Semois, les autorités communales ont pris le problème à bras-le-corps mais il n'existe pas encore de solution miracle. Arnaud Allard, le bourgmestre, s'en est rendu compte.

Personnellement, j'ai écrit à une grande majorité de la population pour qu'elle se rende disponible. On a organisé des séances d'information, des séances de test ainsi que des visites de la caserne, etc. On voulait que les candidats soient les mieux préparés au certificat d'aptitude fédérale. Ce dernier semble rebuter une certaine partie de la population.

Patrice Liétart renchérit:

Notre zone de secours essaye d'engager des pompiers professionnels pour pérenniser les départs mais c'est un coût relativement important par rapport à un pompier volontaire qui, à l'heure actuelle, est payé uniquement en intervention. Si on perd nos volontaires, il va y avoir une problématique pour pérenniser les départs.

Inaugurée en 2018, la caserne vressoise a fait parler d'elle ces dernières années. Aujourd'hui, le bourgmestre veut calmer le jeu:

Quand j'ai été élu en 2019, on nous a annoncé que la caserne risquait de disparaitre. Mais grâce à notre forcing, on l'a maintenue. On a même ajouté une garde sous toit de douze heures puis une garde sous toit de vingt-quatre heures. Cela veut dire qu'ici, on a deux ambulanciers qui sont prêts à intervenir 24 h sur 24, sept jours sur sept. Au niveau du vecteur rouge, au niveau incendie, je persiste et je signe. La caserne de Alle ne disparaîtra pas. Ce n'est absolument pas la volonté, ni politique, ni celle du commandant.

Les zones de secours multiplient les campagnes de recrutement. Si vous voulez donc devenir pompier volontaire, à Alle-sur-Semois, on vous engage presque les yeux fermés.

Antoine Peret, Journaliste
antoine.peret@matele.be

 

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