Au rayon littérature jeunesse, Louise Vandenhoucke présente "La communauté du marais - L'Odyssée d'Octobre" et "Les enfants de Freewater". Deux aventures de résilience et de solidarité, dans la nature.
Pour sa chronique de rentrée, Louise Vandenhoucke, de la Ludo-Bibliothèque Yvoir-Godinne, a de la suite dans les idées. Elle a choisi un roman jeunesse illustré et un roman ado qui se déroulent tous les deux... dans un marais.
- "La communauté du marais - L'Odyssée d'Octobre" de Mélanie Guyard, illustré par Timothée Le Véel, Flammarion Jeunesse, 2025
Au sein du peuple des souris, Muet est débrouillard malgré ses difficultés à communiquer. En automne, voyant les vents violents qui menacent la communauté du moulin, il propose aux siens de s'exiler du marais vers le vieux phare.
Alors qu'ils embarquent dans des canots, il sauve deux souriceaux, Cresson et son frère Pois. Séparées du groupe, les souris doivent être soudées pour affronter les dangers qui les guettent.
Mélanie Guyard est professeure de biologie en région parisienne. Elle est donc très attentive à la nature et au monde du Vivant. Romancière et nouvelliste, elle excelle dans la Fantasy, le Fantastique ou encore la Science-Fiction.
Ici, elle propose une grande épopée animalière accessible dès 9 ans. Une aventure pleine d'entraide, de courage et d'empathie qui développe des thèmes sous-jacents comme le handicap (le héros est muet), le dérèglement climatique ou les parcours de migration.
Les illustrations apportent une vraie plus-value à l'histoire, elles donnent vie aux personnages et rythment l'aventure.
C'est un premier tome. La suite "Le pacte des plumes" sortira à l'automne prochain.
- "Les enfants de Freewater" d'Amina Luqman Dawson, éditions Milan, 2025
Sud des Etats-Unis, fin du XIXe siècle. Homer et Ada s'enfuient de la plantation où ils travaillent, laissant leur mère derrière eux. Pris en chasse par les chiens du contremaître, le frère et la soeur sont sauvés par un ancien esclave qui leur fait découvrir un monde fantastique ainsi que la vie en liberté.
L'autrice vit en Virginie où se trouve le Grand Marais Dismal. Elle s'inspire de l'histoire du lieu : des esclaves échappés y ont trouvé refuge pour y vivre librement et clandestinement. On les appelait "les colonies marrones".
Dans ce roman historique, la communauté marrone, c'est Freewater. Derrière le bouclier naturel du marais, c'est un refuge de liberté et d'harmonie avec l'environnement qui contraste avec la violence des conditions de vie dans les plantations.
Pour un public ado, le roman offre un aperçu des terribles conditions de vie dans les plantations du Sud des États-Unis à la fin du XIXe siècle. Il dénonce l'injustice et la cruauté de l'esclavage, tout en mettant en lumière la force et la dignité de ceux qui l'ont subi.
C'est un roman choral à hauteur d'enfant. Qui démontre qu'en surmontant ses peurs et en faisant preuve d'ingéniosité et de solidarité, l'espoir subsiste.
Ce premier roman a été salué par la critique et primé : Médaille John Newbery et Prix Coretta Scott King.