Chronique littéraire

Livres : l'eau, aux sens propre et figuré

05/06/2026 08:00:00

Louise Vandenhoucke nous a préparé une chronique thématique sur l'eau. Au sens propre dans "Le parlement de l'eau" de Wendy Delorme et c'est plus figuré dans "Se méfier de l'eau qui dort" de Julia Richard.

La sélection littéraire et les avis de Louise Vandenhoucke de la Ludo-Bibliothèque Yvoir-Godinne :

 

- "Le parlement de l'eau" de Wendy Delorme, éditions Cambourakis, 2025

 

Fleuve, Mer, Océan, Crue, Ruisseau, Lagune et bien d'autres entités aquatiques inventent une histoire sur la nécessité vitale de sauver le cycle de l'eau, de faire barrage à la montée du fascisme ainsi que de retisser les liens entre l'espèce humaine et le vivant.

 

Le roman est écrit en 3 strates différentes. On suit une romancière convaincue que la littérature peut changer le monde. Dans le présent, elle est en train d'écrire ce livre même.

 

Le roman personnifie également les entités : Fleuve, Rivière, Mer, Marais, Crue, Lac, Lagune qui siègent dans un “parlement” imaginaire où elles débattent des enjeux qui traversent notre monde : la pollution, la sécheresse, le cycle de l'eau, l'autoritarisme, et le rôle des humains.

 

Enfin, cette histoire collective se passe dans un futur presque immédiat (2050), où une communauté lutte pour sauvegarder l'eau et les espaces naturels face à une société qui se bétonne, exploite, prive.

 

On y rencontre des individus qui creusent pour retrouver le lit d'un ruisseau disparu, qui remettent en question l'ordre établi, et qui vivent des actes de courage, de solidarité ou de défiance.

 

L'autrice s'est documentée pendant un an, à la fois dans les archives de Lyon et en rencontrant énormément de militants et d'écologistes. On y apprend plein de choses.

 

Wendy Delorme est une autrice performeuse, militante LGBTQIA+, enseignante-chercheuse en sciences de l'information et de la communication. Elle fait partie des 4 lauréates 2025 de la première édition du "Prix Gouincourt" qui récompense la littérature lesbienne.

 

- "Se méfier de l'eau qui dort" de Julia Richard, éditions "L'homme sans nom", 2025

 

Astrid est une adolescente vivant en marge d'un village rural avec sa petite sœur Ingrid et leur grand-père. Leur quotidien précaire repose en partie sur la fabrication de remèdes artisanaux, ce qui alimente la méfiance et les soupçons des habitants, qui les perçoivent comme des figures presque sorcières.

 

Lorsque des événements étranges surviennent et que des guérisons inexpliquées circulent, la frontière entre superstition, foi et réalité devient floue. Le village, gagné par la peur et les rumeurs, cherche un responsable. Astrid se retrouve alors au cœur d'une tension collective qui ne cesse de croître.

 

Ce conte fantastique dans un milieu rural se situe quelque part entre fin 1700 et début 1800. Il explore la peur de l'autre, la violence du groupe et ce qui se cache sous les apparences les plus calmes.

 

Le roman joue sur un équilibre entre quotidien très concret (travail, famille, survie), la montée progressive du surnaturel et du malaise et la  mécanique de suspicion collective. 

 

Ce n'est pas seulement l'étrange qui inquiète, mais surtout la manière dont un village peut désigner des coupables, transformer des différences en accusations. 

 

La Bibliothèque de Godinne organise un cycle de 4 conférences autour de sa grainothèque. La prochaine, intitulée "la gestion écologique du jardin", est prévue le mardi 23 juin à 18h30. 

 

 

 

Nicolas Debatty, Journaliste
nicolas.debatty@matele.be

 
 

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