"MAtélé comme en 14" revient sur le calvaire du village de Spontin. Le 23 août 1914, alors qu'il ne s'y déroule aucun combat, les Allemands assassinent 44 personnes et mettent le feu au village. Jean Germain raconte l'histoire de son oncle pris dans la tourmente de l'invasion allemande.
Mémoire vive
Le 23 août 1914, Edouard Famerée se trouve avec sa famille, chez lui, à Spontin, dans une maison du quartier Les Rivires. Vers 5h du matin, ils entendent une fusillade. Edouard se demande si ces bruits ne viennent pas d'avions ou de soldats français, qui attaqueraient près du village de Dorinne, mais ce n'est pas le cas... Finalement, Edouard Famerée se rend compte que le village commence à être incendié. Lui et sa famille veulent alors fuir vers Durnal. Ils s'aperçoivent rapidement que des soldats allemands sont postés dans le bois de Bailoy, juste en face et qu'ils leur tirent dessus.
"Edouard Famerée et le reste de la famille décident alors de faire demi-tour et d'aller se cacher dans la cave, comme cela se faisait souvent", explique Jean Germain, le neveu d'Edouard Famerée, "mais d'autres Spontinois viennent les alerter, "on met le feu à tout le village", leur dit-on", ajoute Jean Germain.
Edouard Famerée et sa famille décident alors d'aller se cacher dans les abris des ouvriers de la carrière de La Rochette, située non loin de leur maison. Après à peine un quart d'heure, ils sont repérés par les Allemands et faits prisonniers. Les femmes et les enfants sont envoyés vers le château. Les hommes, environ quatre-vingts personnes, doivent alors traverser tout le village jusqu'à Sovet. Là, ils sont interrogés.
Jean Germain, le neveu d'Edouard Famerée explique : "Leur interrogatoire était plutôt sommaire. Dans la soirée, ils ont dû re-traverser le village de Spontin, de façon horrible. Parfois, ils devaient marcher sur les cadavres qui étaient encore dans la rue."
Edouard Famerée et les hommes de Spontin ont passé la nuit à Durnal, dans des conditions difficiles. Le père d'Edouard Famerée faisait partie des prisonniers. "Il a bien failli y passer", explique Jean Germain, "ils étaient tous liés par les mains et par le cou, ils n'avaient ni à boire ni à manger", précise-t-il.
Le lendemain, le 24 août 1914, ils sont emmenés à Dorinne pour être interrogés à nouveau. Jean Germain explique : "les Allemands croyaient toujours au mythe des francs-tireurs. Mais évidemment, personne ne se dénonçait puisque personne n'était coupable!" Les Allemands décident alors de, littéralement, décimer ce groupe d'hommes. Ils les alignent contre un mur et en tuent un sur dix.
Pour en savoir plus sur le massacre de Spontin, vous pouvez consulter notre site spécial "MAtélé comme en 14"
Un jour en enfer
Le septième épisode de la série « Un jour en enfer » est consacré à la la bataille de la Justice (Neufchâteau) du nom du lieu-dit où se sont déroulés les combats les plus importants. Cette bataille est l'une des premières entre Français et Allemands puisqu'elle a lieu le 20 août. Les Allemands ont l'avantage du nombre, ils se battent à 3 contre 1. A 20h, après plusieurs heures de combat, les Français battent en retraite. Le bilan est, une nouvelle fois, très lourd : l'Allemagne perd 1400 hommes dont 300 tués, la France 3050 hommes dont 1050 tués. Les civils ne sont pas épargnés, les Allemands exécutent 27 prétendus francs-tireurs.
Les soldats allemands prennent également en otage 8 notables chestrolais et le retiennent au lieu-dit Balaclava. Pendant toute une nuit, ils sont menacés d'être brûlés vifs. Ils sont finalement déportés en Allemagne, ils reviendront deux mois plus tard.
Conférence
Pour terminer cette émission, nous vous proposons de suivre une conférence d'Axel Tixhon, Professeur d'hsitoire contemporaine à l'Université de Namur. La conférence a été enregistrée à Somme-Leuze, elle s'intitule : « Les journées tragiques d'août 1914 : réalités, mythes et explications ». Le Professeur Tixhon retrace le contexte historique de l'invasion allemande avant de revenir sur les massacres de civils et le fameux mythe des francs-tireurs.