MAtélé comme en 14 : "Ma mère a passé la guerre en exil"
publié le:05/12/2014 15:04:52 - mis à jour: 05/12/2014 15:18:19
"MAtélé comme en 14" revient sur un épisode méconnu de la Grande Guerre : l'exil des populations civiles. Par exemple à Bièvre où Irma Clarinval, 10 ans en 1914, se rend avec sa mère et ses frères et soeurs à Epernay (Champagne).
Mémoire vive
Mady d'Orchymont raconte l'histoire de sa maman, Irma Clarinval qui avait 10 ans au début de la guerre.
En entendant les canons qui ne cessent de tonner et sentant les combats se rapprocher, la grand-mère de Mady décide de fuir le village de Bièvre avec ses enfants. Son mari doit rester à la maison, pas question pour un agriculteur d'abandonner sa ferme et ses bêtes. La petite famille n'a pas pour projet d'aller bien loin, l'objectif est de rejoindre une soeur installée dans un hameau voisin.
"Mais la route était déjà bloquée, explique Mady, ils ont dû rejoindre un groupe de réfugiés et se diriger vers la France". Alors que le village de Bièvre est mis à feu et à sang par la IVème armée allemande (lire par ailleurs), le groupe descend vers le sud à pied. "Ma grand-mère ignore alors que le village est en feu et que 17 personnes ont été assassinées".
La petite famille s'installe juste derrière la ligne de front à hauteur d'Epernay. Irma Clarinval y finit ses années d'école primaire et y fait sa communion.
Rentrée en Belgique, elle a toujours raconté combien ils avaient été bien reçus par la population française et a gardé un relatif bon souvenir de son exil en Champagne.
Un jour en enfer à Nevraumont
Nevraumont est l'un des épisodes de la bataille des frontières qui oppose autour du 22 août 1914 les armées britannique, belge et française aux armées allemandes. Particularité du petit village ardennais, c'est l'une des rares batailles où les soldats français étaient supérieurs en nombre aux Allemands mais, où, faute d'initiative, ils n'en ont pas su en profiter.
Conférence
« MAtélé comme en 14 » vous propose de suivre la conférence du Professeur Axel Tixhon de l'Université de Namur. Elle s'intitule « Le diocèse de Namur dans la Grande Guerre ». Ce diocèse (provinces de Namur et de Luxembourg) a le triste privilège de compter 50 % des victimes civiles directes de l'invasion allemande en 1914.
Le Professeur Tixhon développe 3 aspects : le choc de l'invasion, la mise sur pied d'un régime d'occupation et le rôle du clergé pendant cette occupation.