« Y pas de planète b » s’intéresse à la pollution due aux microplastiques. Un sujet qui revient régulièrement sur le devant de la scène médiatique.
L'équipe de "Y a pas de planète B" met en lumière une pollution invisible mais inquiétante : les microplastiques. Ces particules, plus petites qu'un grain de sable, se retrouvent désormais partout sur notre planète, des sommets des Pyrénées aux profondeurs de la fosse des Mariannes. Chimiste à l'ULiège, Aurore Richel explique comment on passe d'un sac en plastique à des microparticules aux quatre coins de la planète :
C'est tout simplement parce qu'on l'a mal géré une fois qu'on l'a utilisé et qu'on l'a déposé comme ça dans l'environnement. Là, il va se fragmenter. Et cette fragmentation, elle est due à des forces mécaniques. Elle est due au rayonnement UV, par exemple, au mouvement des vagues. Et ces microplastiques, comme ils sont légers, ils vont se propager un petit peu partout dans l'environnement. Et puis ces microplastiques, ils peuvent encore se décomposer en morceaux encore plus petits que l'on appelle des nanoplastiques. Et eux, ils sont encore plus légers, ils vont encore être transportés sur de plus grandes distances dans le mouvement des vents, le mouvement de l'eau, etc. Et c'est la raison pour laquelle les microplastiques et les nanoplastiques on en retrouve un peu partout sur notre planète.
Il n'y a pas que les plastiques en fin de vie qui se retrouvent dans l'environnement. On génère aussi des microplastiques quand on utilise certains plastiques :
Effectivement, on produit nous-mêmes des microplastiques quand on utilise des matières plastiques, sans même le savoir parfois. Et le meilleur exemple, ça peut être les pneumatiques. Quand les voitures roulent, elles se fragmentent et elles génèrent des petites particules qui s'en vont vers l'environnement. Cette problématique qui est souvent ignorée du grand public va s'amplifier avec l'avènement des véhicules électriques. On sait que ces véhicules vont être plus lourds et que l'abrasion des pneumatiques sur les routes va être probablement augmentée.
Une carte bancaire par semaine
Les chiffres sont préoccupants : chaque être humain ingérerait l'équivalent d'une carte bancaire en plastique par semaine. Les sources de cette pollution sont multiples et parfois surprenantes. En Europe, les pneus de voiture constituent la première source de microplastiques, suivis par la peinture routière, le gazon artificiel ou encore la lessive.
La présence de ces particules dans le corps humain est désormais avérée, avec des traces retrouvées dans le sang, les poumons, et même les fœtus. Le corps parvient à éliminer naturellement plus de 90% de ces particules. Cependant, les scientifiques s'inquiètent particulièrement des additifs ajoutés aux plastiques, potentiellement plus dangereux que le matériau lui-même. Aurore Richel explique :
Effectivement, si on conçoit de manière responsable une matière plastique, ça devient un matériau fabuleux. Ça peut être un matériau qui peut être antibactérien, qui peut être stérile. On peut trouver plein d'applications dans le domaine médical : les masques de protection qu'on utilise, les fils de suture. On peut faire de nouveaux bandages, par exemple, qui se résorbe sur la peau pour les grands brûlés, les valves pour les cœurs, etc. qui pourraient être imprimés avec des matières plastiques et ce en impression 3D. Avoir du plastique dans le sang, si c'est un matériau inerte que l'on va éliminer de manière naturelle, ce n'est pas spécialement problématique. Là par contre, où ça devient problématique, ce sont pour les additifs qui pourraient être utilisés de manière non conforme et qui pourraient se retrouver dans notre corps et générer un certain nombre d'effets sur notre santé.
Il existe quand même une note d'espoir en présentant des alternatives plus écologiques, comme des plastiques biodégradables.