Pompiers

Moins de 2% de femmes du feu : la zone de secours Dinaphi peine à recruter des femmes

publié le:06/03/2026 09:50:00 - mis à jour: 07/03/2026 23:45:14

La zone de secours Dinaphi ne compte que 8 femmes sur plus de 400 pompiers. Elle peine à recruter des éléments féminins, même si les mentalités évoluent. À la caserne de Beauraing, Justine et Elisa témoignent.

L'alarme retentit à la caserne des pompiers de Beauraing. Elisa Martin et Justine Bailly s'empressent d'enfiler leur tenue de femmes du feu. L'une termine sa formation, l'autre travaille comme pompière volontaire depuis près de quinze ans. Elles ont toutes les deux choisi cette vocation dès le plus jeune âge, comme une évidence. Elisa raconte :

C'est un rêve de gosse devenu réalité, de voir les camions rouges et de monter dedans. Je suis quelqu'un qui aime beaucoup l'adrénaline, donc avoir le stress quand on part en intervention sans savoir sur quoi on va tomber, c'est ça qui m'attire dans le métier.

Moins de femmes chez les pompiers qu'à l'armée et la police

Pourtant, les femmes du feu sont peu nombreuses. Au sein de la zone de secours Dinaphi, elles ne sont que 8 sur plus de 400 pompiers, soit moins de 2%. Un chiffre beaucoup trop bas, par rapport à d'autres professions. Dans la police locale, par exemple, les femmes représentent 27% des effectifs. Patrice Liétart, porte-parole de la zone de secours Dinaphi, déplore :

En faisant des comparatifs avec d'autres métiers d'action, comme la police et l'armée, on constate que les femmes sont beaucoup plus nombreuses dans ces disciplines. Il y a une problématique dans le monde des pompiers. Le métier est encore très genré.

Peur des épreuves physiques

Un des principaux freins à l'engagement des femmes chez les pompiers serait le certificat d'aptitude fédéral, le CAF. Les épreuves physiques y sont les mêmes pour hommes et femmes, à l'exception des tractions, ce qui pourrait en rebuter certaines, avance Patrice Liétart.

Un des plus grands obstacles rencontrés est la crainte des épreuves physiques, comme la course à pied et le port de charges assez conséquentes. Mais, avec un entraînement adéquat, ces épreuves sont tout à fait accessibles, tant au personnel masculin que féminin.

Les horaires des formations, qui se déroulent souvent en soirée ou le week-end, peuvent aussi représenter un obstacle. 

"Les mentalités évoluent"

Pourtant, les femmes du feu encouragent les nouvelles recrues à passer au dessus des idées reçues, car le métier de pompier est loin d'être réservé aux hommes. Justine Bailly rappelle :

Quand je suis rentrée chez les pompiers il y a quinze ans, il n'y avait vraiment pas beaucoup de femmes. Mais les mentalités ont beaucoup changé et le métier est accessible à tout le monde.

Un message avec une résonance toute particulière pour les zones de secours, qui peinent à recruter leurs effectifs. Elles ne peuvent donc tout simplement pas se passer de la moitié de la population.

Élisa Sidérius, Journaliste
elisa.siderius@matele.be

 
 
 

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