Environnement

Nos cosmétiques : mauvais pour notre santé et l’environnement ?

publié le:25/04/2025 11:54:00 - mis à jour: 25/04/2025 11:59:55

« Y a pas de planète b » se plonge dans l'univers des cosmétiques. Ce que nous appliquons quotidiennement sur la peau pourrait bien représenter un danger pour notre santé et l'environnement.

En Belgique, selon un sondage du Vif, sept femmes sur dix ont une routine de soins pour la peau. La gent masculine n'est pas en reste, de plus en plus d'hommes adoptent leur propre routine beauté. 

Par contre, alors qu'on est plus vigilant concernant les aliments que nous mangeons, nous sommes globalement assez insouciants face aux produits que nous appliquons sur notre peau. 

 

Les trois grandes familles d'ingrédients problématiques

Laurence Coiffard, professeure et chercheuse en cosmétologie à l'université de Nantes, identifie trois catégories d'ingrédients particulièrement préoccupantes dans nos cosmétiques:

  1. Les PFAS (polluants éternels): Ces substances qui ne se dégradent jamais sont présentes dans les shampoings, mascaras, fards à paupières, fonds de teint, rouges à lèvres, eyeliners et même les crèmes solaires. Utilisés pour améliorer la tenue des produits, ils perturbent le système immunitaire et hormonal, endommagent le foie et la thyroïde, et sont associés à un risque accru de cancers.
  2. Les microplastiques: Selon une étude de l'ONG Plastic Soup Foundation, neuf produits cosmétiques sur dix en contiennent. Ces particules sont utilisées pour épaissir, matifier et stabiliser les compositions, donnant un fini lisse et hydraté, mais représentent une catastrophe environnementale.
  3. Les filtres UV: Présents non seulement dans les crèmes solaires mais aussi dans la majorité des crèmes de jour et des parfums, ces filtres peuvent provoquer des allergies et certains sont des perturbateurs hormonaux potentiellement cancérigènes. On les retrouve même dans le lait maternel.

Des solutions accessibles 

Face à ce tableau alarmant, plusieurs pistes d'action:

  • Législation: La France a déjà interdit certains produits contenant des PFAS, alors que la Belgique n'a pas encore légiféré sur ce sujet.
  • Vigilance sur les ingrédients: Il est recommandé de privilégier les produits avec la plus petite liste d'ingrédients possible et d'utiliser des applications comme INCI Beauty ou Yuka pour déchiffrer les compositions.
  • Labels: Des certifications comme Ecocert, Cosmos ou l'Eco Label européen peuvent guider les consommateurs vers des choix plus sains.
  • Protection des enfants: L'experte met en garde contre les tendances qui exposent les enfants à des produits cosmétiques inadaptés à leur âge. Ces produits contiennent potentiellement des perturbateurs endocriniens.

Laurence Coiffard recommande clairement la sobriété: 

On enlève tout ce qui n'est pas nécessaire. Les sérums, par exemple, le marketing nous incite à rendre plus complexes nos routines quotidiennes, alors qu'en fait, l'utilité est très modeste et que, ça crée forcément du déchet, des produits inutilisés, des produits totalement superflus. S'il y a vraiment un produit à ne pas acheter, c'est le sérum. Il faut absolument éviter la surconsommation de produits cosmétiques. On sait qu'il y a une surproduction de produits cosmétiques. Qui dit surproduction, dit invendus, dit déchet et dit participation à la pollution environnementale. Donc la sobriété en la matière est tout à fait judicieuse.

De quoi envisager une « morning routine » la plus minimaliste possible. 

Céline Sérusiaux, Rédactrice en chef
celine.serusiaux@matele.be

 

Revoir Le Journal

CDJ

22H30