Le rendez-vous de midi
"Nous demandons qu'on autorise à nouveau l'abattage à la ferme"
publié le:16/03/2018 12:10:00 - mis à jour: 17/03/2018 18:40:25
Nature & Progrès fait entendre sa voix sur le scandale Veviba: "Nous ne voulons plus de monstres comme Veviba, mais des lieux d'abattage de proximité et aussi l'abattage à la ferme".
Le président de Nature et Progrès Marc Fichers était l'invité du Rendez-vous de midi:
- "A Nature et Progrès, on défend cette idée depuis 40 ans que la transformation et la commercialisation doivent être maîtrisées par l'agriculteur. On est pour le lien direct. Des monstres comme Veviba ne nous intéressent pas et n'apportent pas de garanties nécessaires. Il faut ramener la transformation au plus proche des fermes.
- Les abattoirs de proximité étaient des abattoirs publics principalement. Ils ont été cédés à des groupements de chevilleurs. Ce sont les pouvoirs publics qui ont décidé d'arrêter les abattoirs pour les concentrer en quelques gros abattoirs sur la Région wallonne. Ce qui pose des problèmes pour le bien-être animal, et le transport sur de longues distances, et pour la maîtrise de l'outil de transformation, que l'agriculteur a complètement perdue. Les pouvoirs publics doivent redévelopper des outils d'abattage de proximité et permettre d'abattre à la ferme, comme autrefois.
- Cette concentration résulte d'une volonté d'aller vers de grands marchés. On s'inquiète plus de savoir ce que l'on exporte plutôt que de la qualité de ce que l'on fournit pour le consommateur local. Or fournir des ingrédients agricoles à une entreprise agroalimentaire qui fait de l'exportation, cela rapporte moins que de transformer soi-même ses productions, ici la viande, et les vendre en direct ou semi-direct. Mais notre région est trop spécialisée pour ce fonctionnement, notre région est riche en artisanat et donc il faut travailler sur cette capacité de cet artisanat de transformation des produits agricoles pour un redéploiement économique en lien avec producteurs et consommateurs.
- L'Afsca est là pour veiller à la sécurité alimentaire et mettre en oeuvre des directives européennes. L'Afsca remplit ce rôle impossible de traduire la même règle pour une entreprise industrielle et pour une entreprise artisanale. Notre demande est que l'Afsca soit scindé en deux unités: une unité de l'industrie agroalimentaire avec des normes spécifiques et une unité de la production artisanale qui est la spécificité de notre région. Les risques ne sont pas les mêmes quand on travaille des centaines de bêtes par jour ou deux bêtes par semaine."