Culture
« On rin d’plaezi ! » : le festival du théâtre wallon met l’ambiance à Ciney
publié le:19/11/2025 15:38:00 - mis à jour: 20/11/2025 12:02:45
Le festival du Théâtre wallon a débuté ce mardi soir avec une première pièce haute en couleur. Jusqu’à samedi, plusieurs troupes vont se produire sur la scène du centre culturel, en ne parlant que le Wallon.
« 5 feumes su l'dos », pièce qui a ouvert ce mardi soir la 32e édition du Festival du Théâtre wallon, raconte l'histoire d'un dragueur compulsif. Mais cette fois… pas de junte féminine pour l'accompagner lors d'une soirée d'affaires. Il se retrouve donc dans de sales draps, notamment à cause des agissements de sa femme de ménage, interprétée par Anne-Cécile Vandeput, actrice pour la troupe « èl bwèsse à tèyâte ». Pour elle et tous les acteurs, la performance est de taille : jouer en Wallon pendant 1h30.
Le Wallon, on dit souvent que c'est le langage de nos taillons, de nos ancêtres. Quand on aime quelque chose et qu'on veut le faire perdurer, il est nécessaire de continuer à le parler, pour ne pas perdre la tradition et la saveur du langage wallon.
Le succès est au rendez-vous : pour cette première, la salle du centre culturel est presque comble, surtout d'un public plutôt âgé, adepte de ce dialecte, moins présent dans leur vie quotidienne qu'autrefois.
C'est vrai qu'aujourd'hui on ne le parle plus vraiment, mais on l'a beaucoup entendu dans les conversations de nos grands-parents. On ne le parle pas parfaitement, on ne comprend pas toujours tout, car il y a des Wallons de différentes régions, mais on découvre et on y prend beaucoup de plaisir.
Un festival pour maintenir l'identité wallonne
Pour le centre culturel de Ciney, ce festival est un rendez-vous incontournable, un moyen de soutenir l'identité wallonne. Valérie Bodart, la directrice, souligne :
C'est nourrir une langue qu'on ne sait pas nécessairement parler, mais qu'on comprend et qui est pleine de richesse et de saveur particulière. Un mot en wallon n'a pas la même force que le même mot en français. C'est encore une région où l'on défend les grands feux, les kermesses, et ce dialecte doit aussi être défendu car il fait vraiment partie de notre identité.
Quatre autres pièces seront jouées jusqu'à samedi. Le public aura le dernier mot : voter pour sa préférée. La pièce qui remportera le plus de votes sera rejouée l'an prochain.