Sécurité

« On se remet en question sur tout » : le gérant du Trébuchet marqué par l’incendie de Crans-Montana

publié le:16/02/2026 11:00:00 - mis à jour: 17/02/2026 18:05:21

Au Trébuchet, à Ciney, le drame qui a coûté la vie à 41 personnes dans un bar suisse a provoqué une vraie remise en question. Touchée par un incendie il y a trois ans, la boîte se dit aujourd’hui en ordre.

Voir un incendie meurtrier dans un bar, quand on gère une discothèque, ça choque. D'autant plus quand son propre établissement a déjà connu un départ de feu. Il y a exactement trois ans, un début d'incendie s'était déclaré dans les faux plafonds du Trébuchet, à Ciney. Le gérant, Olivier de Pierpont, était parvenu à maîtriser les flammes lui-même, limitant les dégâts. Aucun blessé, mais un souvenir marquant, ravivé aujourd'hui par le drame de Crans-Montana.

J'ai directement repensé à ce que nous avions vécu. Depuis, à chaque soirée, on se pose mille questions : la décoration est-elle sûre ? Est-ce que quelque chose peut prendre feu ? En cas de panique, les clients sauront-ils sortir facilement ? Ce sont des éléments essentiels pour la sécurité.

Ces réflexions interviennent alors que la discothèque assure respecter l'ensemble des normes incendie. Après l'incident, d'importants investissements ont été réalisés : centrale incendie, détecteurs, clapets coupe-feu, matériaux non inflammables… tout a été passé en revue.

Les plafonds, par exemple, étaient vétustes et se déformaient avec le temps. On a tout remis à niveau avec des matériaux résistants au feu, qui n'existaient même pas quand la boîte a été créée en 1968. Même si ce n'était pas obligatoire à 100 %, on a préféré tout changer.

Les pompiers très sollicités depuis Crans-Montana

Depuis le drame suisse, les demandes d'avis et de contrôles se multiplient. Jean-Pierre Lecloux, responsable de la prévention chez les pompiers Dinaphi, le constate sur le terrain.

On fait face à une surcharge de travail pour tout ce qui concerne les lieux accessibles au public. Les exploitants prennent davantage conscience de leurs responsabilités, et certains bourgmestres demandent aussi des vérifications supplémentaires.

Pour les secours, deux critères sont essentiels dans ce type d'établissement : faciliter l'évacuation avec des issues de secours dégagées et une capacité respectée, et surveiller les matériaux utilisés dans le bâtiment.

La réaction au feu des matériaux est primordiale. Ajouter des éléments pour l'acoustique ou la décoration peut sembler anodin, mais en cas d'incendie, cela peut produire énormément de fumée, de chaleur et des gouttelettes enflammées. C'est précisément ce qu'il faut éviter.

Être aux normes constitue déjà une sécurité majeure. Mais pour les professionnels du secteur comme pour les pompiers, une chose est sûre : la vigilance doit rester permanente.

Gautier Falque, Journaliste
gautier.falque@matele.be

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