Patrimoine

Cet immeuble dinantais refusé au classement du patrimoine wallon après... 13 ans!

publié le:09/02/2022 13:43:00 - mis à jour: 11/02/2022 09:16:08

À Dinant, dans la rue Saint-Roch, un bâtiment en ruine était en attente d’un classement patrimonial depuis 13 ans. Aujourd’hui, la ministre De Bue décide de stopper la procédure. Il ne sera donc pas classé.

Un bâtiment de la rue Saint-Roch à Dinant est chargé d'histoire de par son architecture. Dès 2008 déjà, le propriétaire a introduit une demande pour classer l'édifice. Mais en décembre 2021, la ministre Valérie De Bue a décidé de stopper la procédure. Il ne sera pas classé. Du côté de la Ville, on regrette que l'administration wallonne ait mis autant de temps pour se décider, même s'il s'agit là d'un bien privé, explique le bourgmestre Thierry Bodlet:

La Région wallonne a beaucoup tergiversé semble-t-il. C'est évidemment regrettable pour les propriétaires de les avoir fait attendre aussi longtemps dans la mesure où le bâtiment s'est détérioré depuis tout ce temps. 

Si le classement avait été demandé, c'est en partie à cause de la structure en pan de bois de la maison, comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessus. Depuis la guerre de 1914, très peu de bâtiments dinantais ont cette particularité. Lors d'une séance au Parlement wallon le député Christophe Bastin a interpellé la ministre sur ce dossier. Mais si ce bâtiment est rare à Dinant, il ne l'est pas en Wallonie, se justifie la ministre wallonne du Patrimoine:

La rareté de l'édifice n'est pas une évidence, car d'autres biens du même type et de la même époque sont déjà classés à Dinant [...] mais également ailleurs en Wallonie. L'intégrité du bien est mise à mal, car en 2013 [...] il a été considéré que de très nombreux éléments de la structure à pans de bois devaient être supprimés à cause de leur dégradation trop avancée.

Contradiction entre la Ministre et l'Administration

L'Agence wallonne du patrimoine et la Commission des monuments avaient pourtant donné des avis favorables sur le classement. Il n'empêche, la ministre met en avant le coût démesuré de la rénovation, à charge de la Région, en grande partie:

La décision de ne pas poursuivre la procédure de classement ne se base pas uniquement sur la disproportion estimée du coût d'une restauration. La qualité des critères évoqués à l'entame de la procédure se doit aujourd'hui d'être nuancée.

La Ville a placé des poutres pour retenir l'édifice instable. La procédure de classement étant stoppée, les propriétaires vont devoir prendre une décision sur l'avenir du lieu d'autant que le périmètre de sécurisation occupe l'espace public, ajoute le bourgmestre:

Il faut laisser un délai raisonnable aux propriétaires pour réaliser les démarches nécessaires. S'ils choisissent de vendre, il faut laisser à la vente le temps de se faire puis à la rénovation de commencer. Il faut être indulgent vis-à-vis de la situation, on n'est pas à un an près, même s'il faut que cela se résolve le plus vite possible. 

La destruction semble toutefois être une option exclue car l'immeuble est mitoyen à deux maisons. De plus, en dépit d'un classement, il reste un lieu important du massacre du 23 août 1914, la Forge bouille. 

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CDJ

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