Nucléaire

Plan particulier d’intervention (PPI) de Chooz : 5 questions pour tout comprendre

publié le:25/09/2025 12:00:00 - mis à jour: 30/09/2025 12:10:30

Le PPI ou plan particulier d’intervention de la centrale nucléaire de Chooz est réactualisé par nos voisins français. Des Belges s’étonnent de ne pas être inclus dans la consultation. Décryptage en 5 questions.

Le plan particulier d'intervention de la centrale nucléaire de Chooz (France) est en cours de réactualisation par les autorités hexagonales. Dans ce cadre, une consultation publique est organisée, côté français, du 28 septembre au 28 octobre. De notre côté de la frontière, d'aucuns s'étonnent de ne pas voir cette consultation étendue aux communes belges proches de la centrale. 

 

L'explication est plus administrative que géographique, on vous décrypte cela en 5 points. 

 

1/ Qu'est-ce qu'un PPI ? 

Un Plan particulier d'intervention ou PPI est un dispositif obligatoire en France pour protéger les personnes, les biens et l'environnement voisins d'une installation industrielle, comme les sites « Seveso », ou nucléaire. 

Le Plan particulier d'intervention est un plan d'urgence qui prévoit l'ensemble des mesures de protection à mettre en œuvre lorsqu'un accident survient sur un site de ce type et qu'il a des répercussions à l'extérieur de son périmètre. 

 

Lors d'un tel accident dans ce type d'installation, le préfet du département déclenche le PPI qui définit l'organisation des secours, les méthodes d'intervention en cas d'urgence et les mesures prévues pour la protection de la population. 

 

Dans le cas de la centrale nucléaire de Chooz, c'est le préfet des Ardennes qui déclencherait ce PPI, le cas échéant. 

 

2/ Qui est concerné dans le cas de Chooz ? 

Depuis l'accident nucléaire de Fukushima en 2011 au Japon, la France a élargi le périmètre des PPI qui encadrent les centrales nucléaires comme Chooz. Le périmètre est passé de 10 à 20 kilomètres. 

 

Le PPI de Chooz concernent donc toutes les personnes qui vivent ou travaillent dans un rayon de 20 kilomètres autour de la centrale. Cela inclut donc, chez nous, les communes de  Hastière, Beauraing et Gedinne ; une partie de celles de Onhaye, Dinant et Houyet ainsi qu'une infime portion de Rochefort, Bièvre et Vresse-sur-Semois. 

 

 

Vu l'implantation géographique de la centrale nucléaire dans la botte de Givet, plus de Belges sont concernés par le périmètre de 20 kilomètres que de Français. Si on compte toute la population des communes comprises, même en partie dans le périmètre, près de 110.000 personnes sont incluses dans cet espace de notre côté de la frontière. Toutefois, le PPI ne s'impose qu'à la partie française de ce périmètre, le préfet des Ardennes n'ayant compétence que sur le territoire français.

 

3/ Pourquoi parle-t-on aujourd'hui du PPI de Chooz ? 

La réglementation prévoit que les plans soient révisés tous les 5 ans. Le PPI de Chooz date de 2019, il est donc actuellement remis à jour. 

 

Le travail d'actualisation du texte a été réalisé ces derniers mois par notamment EDF (qui exploite la centrale nucléaire) l'ASN, l'Autorité de sûreté nucléaire française ou encore les services de la préfecture des Ardennes.

Le PPI est maintenant soumis à la consultation.

 

4/ Qui est consulté dans le cadre du renouvellement du PPI de Chooz ? 

Le PPI est transmis pour avis aux maires des localités françaises mais aussi aux gouverneurs des provinces de Namur et de Luxembourg. Les bourgmestres des communes belges ne sont, par contre, pas directement interrogés. Denis Mathen, le Gouverneur de la province de Namur, explique : 

Le but, c'est de faire en sorte qu'il n'y ait pas d'incompatibilités, d'incohérences entre le plan côté français et le plan côté belge. 

En France, ce type de procédure prévoit également de consulter la population. Cela se fera entre le 28 septembre et le 28 octobre 2025. L'avis de consultation ne prévoit pas de distinction de nationalité. Rien n'empêche donc un citoyen belge de donner son avis, selon la préfecture des Ardennes. 

 

Si vous voulez lire le projet de plan et formuler des remarques, il faudra vous connecter sur le site internet de la préfecture des Ardennes. Le document sera mis en ligne à partir du 26 septembre. 

 

5/  Et les Belges dans tout ça ?

Même si le préfet des Ardennes n'a autorité que sur le territoire français, ses services l'assurent : les Belges ne sont pas oubliés. Les communes belges et leurs populations sont bien recensées dans le PPI de Chooz mais s'il devait y avoir un problème à Chooz, un autre plan d'urgence serait activé. 

 

La Belgique dispose d'un plan urgence nucléaire et radiologique fédéral. Celui-ci couvre tout le territoire mais le niveau opérationnel est à l'échelle des provinces. 

 

Le plan particulier d'urgence et d'intervention nucléaire de la province de Namur (PPUIN) englobe trois sites à risques : l'IRE à Fleurus, la centrale nucléaire de Tihange et celle de Chooz. 

 

Ce PPUIN est lui aussi en cours d'actualisation. Le nouveau texte a été envoyé au ministre fédéral compétent fin août. Il devrait donner son avis dans les trois mois. Les bourgmestres des communes concernées devraient être informés du texte définitif par le Gouverneur Denis Mathen, courant du mois de décembre. A noter que dans ce cadre, contrairement à la France, les populations ne sont pas consultées.   

 

Le "Journal sur pause" du 27 septembre est consacré à la sécurité nucléaire en province de Namur et à la coordination transfrontalière. Perrine Borlée reçoit le Gouverneur Denis Mathen et un expert de l'AFCN (Agence fédérale de contrôle nucléaire). 

 

Céline Sérusiaux, Rédactrice en chef
celine.serusiaux@matele.be

 

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