Portrait de poilu : Jean-Baptiste Culot de Dinant

publié le:19/11/2015 13:33:36 - mis à jour: 08/12/2015 14:31:46

Portrait de poilu : Jean-Baptiste Culot de Dinant

« Mémoire vive » dresse le portrait d’habitants de notre région pris dans la tourmente du premier conflit mondial. Cette saison, ce sont les poilus qui sont à l’honneur.

Jean-Baptiste Culot naît à Dinant en septembre 1879. A l'âge de 16 ans, il entre au 13e Régiment de ligne et suit les cours de sous-officier qu'il réussit brillamment. Il est envoyé à l'école régimentaire de Dinant où il est nommé facteur militaire. Les archives de l'époque le décrivent également comme un maître d'armes averti actif notamment dans la société de préparation au service militaire.
En août 14, lors de la déclaration de guerre, il commande une trentaine d'hommes. Il connaît le parcours classique des soldats de son régiment : la bataille de Namur puis celle d'Anvers et la retraite sur l'Yser. 

L'angoisse des soldats dinantais

Particularité des soldats dinantais, ils vont rester de longs mois sans savoir ce qu'il est advenu de leur famille. Ils ont appris que la ville avait été brûlée et une partie de la population massacrée mais sans connaître les détails de la triste journée du 23 août. Jean-Baptiste Culot devra attendre fin décembre avant d'être rassuré sur le sort de sa femme et de ses enfants.
Après la bataille de l'Yser, Jean-Baptiste Culot reste pendant quatre ans dans les tranchées belges. Son plus grand fait d'armes est la bataille de Merckem le 17 avril 1918. Ses mitrailleuses jouent un rôle déterminant dans la victoire belge face à l'armée allemande (voir ci-dessous). Son mérite est reconnu à sa juste valeur puisqu'il est décoré de la Croix de Chevalier de la Légion d'Honneur et de la Croix de Guerre française.
Jean-Baptiste Culot décède en 1928 d'une maladie cardiaque. Ses funérailles sont suivies par une immense foule.

Analyse historique: la bataille de Merckem

Après la retraite sur l'Yser et l'inondation de la plaine, les troupes belges ne sont plus en contact direct avec les Allemands. Elles restent sur la défensive, la Belgique étant le seul pays parmi les belligérants à ne pas avoir la possibilité de renouveler ses effectifs. D'autre part, l'Allemagne n'a pas les moyens humains et matériels d'être active sur tout le front ouest.
Le 3 mars 1918, l'Allemagne signe un traité de paix séparé avec la Russie devenue bolchevique. Elle récupère dès lors des troupes jusque-là positionnées sur le front est et, dès le mois de mars, multiplie les offensives à l'ouest. En réalité, l'Allemagne joue le tout pour le tout : elle est au bout de ses ressources. Pour elle, c'est vaincre rapidement ou tout perdre.

Les Allemands attaquent

Dans ce contexte, le 17 avril 1918, l'Allemagne essaye de prendre Ypres à revers en attaquant Merckem. Elle utilise pour cela une nouvelle technique. Pendant toute la guerre, les armées préparaient le terrain avec de grosses attaques d'artillerie qui pouvaient durer plusieurs jours puis lançaient l'infanterie. Cette technique a pratiquement échoué partout. Là, les Allemands font une très courte préparation d'artillerie avant d'envoyer des petits groupes d'assaut très bien armés.
Dans un premier temps, les Belges reculent mais très vite, de contre-offensives sont lancées. Fin de journée, grâce à ses mitrailleuses, l'armée belge bat l'armée allemande et fait entre 700 et 800 prisonniers.
Cet événement assez court à l'échelle du conflit a une très grande importance pour l'armée belge qui prouve aux alliés et à elle-même qu'elle peut passer de la défensive à l'offensive et même battre les Allemands.


Merci à Vincent Scarniet et à Axel Tixhon.

Avec le soutien de la province de Namur.

 

Céline Sérusiaux, Rédactrice en chef
celine.serusiaux@matele.be

 

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