Nature

Pourquoi le gel en hiver est bénéfique pour les arbres fruitiers ?

publié le:16/01/2024 17:37:00 - mis à jour: 17/01/2024 17:53:38

On dit que le gel tue la vermine. Ce n'est pas le seul impact positif du froid sur les arbres fruitiers. Alain Rondia, chercheur au CRA-W, nous explique en quoi le froid actuel est bénéfique pour les vergers.

Un sol dur comme de la pierre, recouvert d'un léger voile blanc, et un petit vent plutôt piquant : l'hiver s'est bien installé depuis quelques jours chez nous. Mais en quoi le gel est-il bénéfique pour les cultures de fruits ? 

Premièrement, dans leur cycle annuel, les arbres fruitiers ont besoin de repos végétatif. Et le froid va plonger ces arbres en état de dormance, comme l'explique Alain Rondia, chercheur au centre wallon de recherches agronomiques (CRA-W) :

Deux mécanismes vont favoriser l'état de dormance d'un arbre. Les jours qui raccourcissent est le premier mécanisme. Le second est le froid. Une bonne période de dormance va contribuer au bon développement de l'arbre au printemps et lui permettre une floraison homogène. Sans une dose de froid suffisante, le cycle de floraison va redémarrer trop vite et de manière anarchique, avec une moins bonne qualité au niveau des fleurs. La production de fruits sera donc moins bonne par la suite.

Ravageurs

Le deuxième intérêt du froid pour les arbres fruitiers, et du gel en particulier, est son impact sur les ravageurs, poursuit le chercheur :

Tous ces ravageurs hivernent dans les arbres, généralement au niveau du tronc. Le gel, avec des températures bien négatives, va tuer une partie de cette population néfaste pour nos vergers. Lorsque les cultures subissent des périodes hivernales plutôt rudes, on remarque moins de problèmes liés aux attaques de ravageurs au printemps.

Dérèglement climatique

Ces périodes assez glaciales durant l'hiver ralentissent la floraison des arbres fruitiers, et les rendent dès lors moins vulnérables lors des gelées tardives. Ce mécanisme, qui assure une meilleure production, est de plus en plus menacé par le dérèglement climatique, poursuit Alain Rondia :

Avec des hivers plus doux, la végétation a tendance à démarrer plus tôt. Sur plus de quarante ans de relevés de floraison à Gembloux, on remarque qu'on a trois à quatre jours de précocité. Les arbres fleurissent donc en moyenne trois à quatre jours plus tôt aujourd'hui qu'il y a quarante ans. Cette différence est énorme sur l'échelle de temps. Une fleur plus avancée est plus sensible au froid. Ce qui augmente donc le risque de dégâts lors des gelées tardives. 

Selon les études menées à Gembloux, un arbre fruitier à pépins, comme un pommier ou un poirier, a besoin de passer environ 1.500 heures sous des températures inférieures à sept degrés pour un bon cycle de dormance. Le froid actuel est donc tout à fait bénéfique pour nos vergers.

Benjamin Mars, Journaliste
benjamin.mars@matele.be

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