À Dinant, quatre nouvelles éoliennes vont voir le jour d’ici 2030, malgré l’avis défavorable de la ville. Un projet de Luminus qui soulève des questions la multiplication des installations dans la région.
Quatre nouvelles éoliennes devraient s'ajouter aux installations existantes entre Purnode et Lisogne d'ici 2030. Porté par Luminus, ce projet de long terme pourrait fournir chaque année l'équivalent de 8 700 ménages en électricité verte. Pourtant, la ville de Dinant avait émis un avis défavorable lors de la demande de permis. Le bourgmestre, Richard Fournaux, justifie :
Il y a déjà quelques éoliennes. À un moment donné, on se dit qu'il faut s'y limiter.
La Région wallonne donne son feu vert
Cela n'a pas empêché Luminus de déposer un recours auprès de la Région wallonne, qui a finalement donné son feu vert. Son porte-parole, Stéphane Cornet, précise que le projet a toutefois connu plusieurs ajustements.
En premier lieu, il y avait une exigence de la Défense, en raison de la base aérienne de Florennes : il ne fallait pas gêner les atterrissages. Ces éoliennes feront donc au maximum 150 mètres de haut. Ensuite, nous voulions éviter toute concurrence visuelle avec le château-ferme de Thynes. C'est un retour issu des études d'incidences, et l'implantation des éoliennes a donc été légèrement modifiée. Enfin, en matière de biodiversité, qui est aussi une priorité pour le développement éolien, nous savons que la région abrite de grands rapaces, notamment le milan royal. Toutes nos éoliennes seront dès lors équipées d'un système permettant leur passage.
Pas de recours au Conseil d'État
La Ville de Dinant a pris acte de cette décision. Ni elle, ni les autres communes consultées sur le projet, comme Yvoir, n'ont souhaité saisir le Conseil d'État. Richard Fournaux explique que l'avocat consulté estime qu'un recours serait perdu d'avance, la réglementation wallonne définissant clairement les zones où l'implantation d'éoliennes est autorisée.
Sous la précédente législature, la Région wallonne a établi une carte des endroits où les implantations d'éoliennes seront possibles et de ceux où elles ne le seront jamais. Par exemple, à proximité du château de Freÿr, de la Citadelle de Dinant ou de l'abbaye de Maredsous, les zones seront extrêmement protégées et aucune autorisation ne sera accordée. À d'autres endroits, en revanche, les projets seront autorisés.
La crainte d'un effet “tâche d'huile”
Et justement, c'est le cas pour les hauteurs de Dinant. Une réglementation qui préoccupe les autorités locales, craignant de voir se multiplier les projets, ajoute Alexandre Visée, bourgmestre de la commune d'Yvoir.
Ce qui est inquiétant, c'est l'effet tâche d'huile. On se dit qu'il y a quatre éoliennes qui vont s'ajouter, puis peut-être deux de plus grâce à un recours. Ensuite, le ministre pourra décider d'en autoriser quatre autres… Et, petit à petit, on se retrouve avec des éoliennes sur tous les plateaux.
Plus largement, les deux bourgmestres expriment leurs inquiétudes concernant l'approvisionnement électrique des prochaines années et appellent les autres niveaux de pouvoir à réfléchir à une politique énergétique globale.