La CSC Namur-Dinant s'est rendue à Bièvre pour sensibiliser les travailleurs sur le projet de réforme des pensions. Le syndicat a ensuite été reçu par David Clarinval pour faire entendre ses revendications.
Tôt ce mercredi matin, des membres de la CSC ont distribué des tracts pour sensibiliser les travailleurs du zoning de Baillamont sur le projet de réforme des pensions. Parmi leurs revendications, la reconnaissance des métiers pénibles comme l'explique Isabelle Meerhaeghe, secrétaire fédérale de la CSC Namur-Dinant.
Ce qui vient directement à l'esprit, c'est le secteur de la construction. Mais il y a aussi des métiers avec des charges mentales très lourdes. Par exemple les assistants sociaux qui doivent assumer jour après jour des situations de plus en plus délicates, c'est aussi un métier pénible.
Avec un départ à la retraite à 67 ans alors que l'espérance de vie en bonne santé est de 64 ans, la CSC craint de voir les gens travailler alors que leur corps ne le permet plus. D'autant plus que les périodes assimilées, c'est-à-dire de maladie, de chômage et d'invalidité, ne seraient plus comprises dans le calcul de la pension.
Jusqu'à présent, ces périodes-là comptaient dans la carrière professionnelle. Aujourd'hui, le ministre Bacquelaine veut compter une seule année de chômage. Quand on sait qu'on est loin de connaître le plein emploi, c'est injuste pour toutes les personnes qui n'ont pas la chance d'avoir du boulot de se retrouver en fin de carrière avec une plus petite pension.
"La pension à points est un épouvantail"
Les membres de la CSC ont ensuite été reçus par David Clarinval. Le chef de groupe MR a indiqué que le gouvernement a déjà rencontré certaines revendications comme augmenter les pensions les plus faibles.
Il rejette cependant l'idée de pension à points, autre peur du syndicat. Ce système voudrait que le travailleur cumule des points dont il connaitrait la valeur seulement l'année précédant son départ à la pension. Pour la CSC, ce serait une véritable loterie puisque les points, et donc le montant de la pension, varieraient en fonction de la conjoncture économique. Mais le bourgmestre balaye directement cette revendication.
C'est un épouvantail qui sert à faire peur aux gens ! La pension à points est une réflexion purement intellectuelle de professeurs d'université. Le ministre n'a pas implanté cette réforme à points dans le programme du gouvernement. Le gouvernement n'a plus qu'une petite année devant lui et donc il est impossible que cette pension à points soit mise en œuvre.
Et après les revendications déjà rencontrées par le gouvernement et celles « de l'ordre du fantasme » comme la pension à points, David Clarinval s'est penché sur « les revendications louables et que l'on peut relayer », notamment les périodes assimilées. Il rappelle toutefois la volonté du gouvernement de récompenser ceux qui ont le plus travaillé.
Il faut reconnaître que dans certains cas, maladies ou accidents, il ne faut pas que ces personnes soient pénalisées parce qu'elles ont eu un accident de la vie qui les a mis à l'écart du travail un certain temps. Mais d'un autre côté, ceux qui ont abusé du système et qui se sont retrouvés au chômage pendant 15-20 ans, il n'est pas normal qu'ils aient une pension identique à côté de ceux qui ont travaillé toute leur vie.
Un accord avant le 22 mai, sinon rien
Le gouvernement a aussi marqué un accord sur un projet de reconnaissance des métiers pénibles. Celui-ci est soumis aux syndicats qui ont jusqu'au 22 mai pour se prononcer. Le MR espère que ce projet sera accepté pour que les métiers pénibles soient reconnus avant la fin de la législature. Suite à ce texte, certaines professions devraient quant à elles perdre leurs statuts de pénibilité comme les magistrats, les professeurs d'université et les prêtres.
On estime qu'il y a un vase communicant qui permettrait de récompenser ceux qui ont un métier pénible. Des professions qui sont difficiles physiquement, répétitives ou qui ont des critères de sécurité à mettre en œuvre. S'il y a en plus un critère psychologique, ce sera un critère aggravant qui permettrait d'obtenir 5, 10 ou 15 % de pénibilité et donc de partir plus tôt à la pension.
CSC, FGTB et CGSLB manifesteront contre le plan pension à Bruxelles le 16 mai prochain.
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