Énergie

Relance du champ de panneaux photovoltaïques à Bièvre : la commune dit non

publié le:16/01/2026 16:37:00 - mis à jour: 16/01/2026 16:57:24

Rejeté une première fois il y a deux ans, le projet agrivoltaïque refait surface. Le promoteur affirme avoir revu sa copie en tenant compte des remarques formulées lors du premier refus.

12.000 panneaux photovoltaïques pourraient bientôt s'aligner sur 15 hectares de prairie, aux abords du zoning de Baillamont, à Bièvre. À la clé, une production électrique équivalente à la consommation de 3.000 ménages, tout en maintenant des vaches en pâture sous les installations. Un projet d'envergure, déjà très contesté en 2023, et finalement refusé par la Région wallonne. Deux ans plus tard, le promoteur revient avec une nouvelle demande de permis. Un dossier retravaillé, intégrant plusieurs adaptations, explique Florence Posschelle, responsable Développement chez Ether Energy.

Nous avons renforcé le lien entre la production d'électricité sur le site et son injection vers le zoning de Baillamont. L'objectif est de fournir une énergie locale, en priorité aux riverains. Depuis le départ, nous sommes prêts à créer une communauté d'énergie afin que l'électricité produite puisse être consommée localement.

Ces arguments ne convainquent toutefois pas la commune. En 2023, Bièvre avait rendu un avis neutre. Aujourd'hui, la position est beaucoup plus claire : la commune s'oppose au projet. Le bourgmestre faisant fonction, Michaël Modave, explique pourquoi.

Ce qui nous préoccupe avant tout, c'est l'accès à la terre pour les agriculteurs. Un projet de ce type risque d'ouvrir une porte dangereuse. Où s'arrête-t-on ensuite ? Cela pourrait faire grimper les prix des terres et favoriser de gros investisseurs, au détriment des agriculteurs locaux.

Éviter les dérives

L'agrivoltaïque continue de susciter de nombreuses interrogations. Pour Frédéric Lebeau, ingénieur agronome et chargé de cours à Gembloux Agro-Bio Tech, un encadrement strict est indispensable.

Il existe une forte tentation de convertir des terres agricoles en surfaces photovoltaïques. Le risque, c'est que le revenu lié à l'électricité devienne tellement plus attractif que la production agricole passe au second plan. Le maintien d'une véritable activité agricole reste l'enjeu central de ces systèmes.

À Bièvre, le promoteur assure pourtant que l'installation des panneaux n'aurait aucun impact sur l'élevage bovin. Et pour l'expert, la volonté d'impliquer davantage les citoyens constitue un point positif.

Il faut que les bénéfices pour la population soient clairs et concrets, par exemple via une communauté d'énergie. Si cela permet un accès à une électricité locale et moins chère, avec un impact réel sur le quotidien des habitants, alors l'acceptation du projet peut être différente.

Alors, feu vert ou nouveau refus pour le champ agrivoltaïque de Bièvre ? L'enquête publique se clôture mardi. La décision finale reviendra à la Région wallonne, avec un verdict attendu d'ici le mois de mars.

Gautier Falque, Journaliste
gautier.falque@matele.be

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