Prison

Réunion publique sur la future prison de Sugny : entre inquiétudes et espoirs des habitants

publié le:19/03/2026 16:04:00 - mis à jour: 21/03/2026 15:20:33

Une future prison à Sugny attire les regards et fait débat. Entre promesses d’emplois et craintes pour le cadre de vie, les habitants restent profondément partagés.

La salle de la Glycine était bondée ce mercredi soir pour cette première présentation au public. Des habitants de la commune et des environs, curieux de découvrir le projet de la future prison de Sugny, avaient fait le déplacement. Un établissement que ses concepteurs dont Anne Van Hauwaert, directrice générale d'Eiffage Concessions Benelux, présentent comme moderne et plus humain. 

C'est une maison de peine pour 312 détenus qui a d'abord comme premier objectif de s'insérer dans l'environnement. Nous sommes dans un environnement boisé, et nous avons donc tenu à créer une prison qui s'y intègre. Nous faisons entrer la nature dans la prison, d'une part, et d'autre part, c'est une prison axée sur la réinsertion des détenus, afin que ceux qui en sortent soient meilleurs que lorsqu'ils y sont entrés

>>> Lire aussi : Vresse-sur-Semois : Voici à quoi devrait ressembler la future prison de Sugn


Une population divisée

Après une présentation du bâtiment, de son fonctionnement et des perspectives d'emploi, avec près de 300 postes annoncés, la parole a été donnée au public. Entre interrogations et inquiétudes, les échanges ont été nombreux. Et l'on peut dire que la population reste divisée face à ce projet.

Certains y sont fermement opposés, comme Jean-Marc Pierrot, habitant de Sugny :

Je suis entré dans la salle en étant contre, et mon avis n'a pas changé, parce que c'est un projet totalement disproportionné par rapport au village et à la commune. Celle-ci a une vocation touristique, et ce n'est pas du tout compatible.

D'autres, comme Véronique Dewilde, habitante de Vresse, voient cette prison comme une aubaine pour l'emploi dans la région.

Depuis le début, je trouve que c'est vraiment une bonne idée. Je suis favorable à cette prison, d'autant plus que j'habite ici. Pour le moment, je travaille dans un hôpital à Libramont. J'adore mon travail, mais c'est un peu loin, donc pour moi, ce serait une opportunité de pouvoir revenir travailler ici, dans ma région.

La commune veut poser ses conditions

Du côté de la commune, le bourgmestre, Arnaud Allard, a rappelé à plusieurs reprises au cours de la soirée que ce projet avait été imposé à Vresse-sur-Semois. Pour lui, il faut donc en tirer les retombées positives possibles.

La commune de Vresse peut proposer des charges ou des conditions d'urbanisme. C'est précisément là-dessus que nous voulons agir pour améliorer la sécurité des citoyens, notamment avec une dotation pour la zone de police afin qu'elle soit mieux équipée, mais également au niveau de la zone de secours et, plus largement, en termes de mobilité. Il est nécessaire d'améliorer les transports en commun qui desservent la commune. Bien qu'on ne fera jamais venir de gare ferroviaire à Vresse-sur-Semois...

À ce stade, un poste de police fédérale est déjà prévu à l'entrée du futur site. Reste à obtenir le permis pour la prison. Les travaux pourraient débuter en 2027.

Perrine Borlée, Journaliste
Perrine.borlee@matele.be

 
 
 

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