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Sauvetages sur la Lesse : un incident qui aurait pu être évité ?

publié le:27/09/2024 17:37:00 - mis à jour: 28/09/2024 23:36:24

24 heures après le sauvetage des centaines d’élèves ce jeudi 26 septembre sur la Lesse, des questions se posent.

La sortie scolaire qui a viré à la catastrophe ce jeudi pour 500 élèves pose aujourd'hui question. Comment expliquer que des adolescents aient été autorisés à faire du kayak sur des eaux mouvementées ? Beaucoup pointent l'irresponsabilité du loueur de kayak. Olivier Pitance, responsable de Dinant Evasion, relativise les événements.

Les passagers avaient un gilet de sauvetage. Ce qu'on a à déplorer, c'est plutôt des jeunes qui sont tombés dans l'eau et qui ont pu avoir froid. Les gens étaient inquiets, ce que je peux comprendre, mais à aucun moment leur vie était en danger de mort. Le but n'est absolument pas de rejeter la faute sur le SPW qui n'a pas pris des mesures car c'était imprévisible, ni sur l'IRM, ni sur les professeurs accompagnants. Personne n'est responsable de rien, c'était un phénomène naturel exceptionnel.

Une montée des eaux imprévisible ?

Un avis qui n'est pas partagé par le SPW. Pour son porte-parole, Nicolas Yernaux, ce phénomène naturel était bel et bien prévisible.

Mercredi nous avons mesuré 4 m³/sec de débit à Gendron, jeudi matin, au moment où les premiers kayaks sont mis à l'eau, nous avons enregistré 17 m³/sec, et l'après-midi nous avons atteint les 30m³ au moment des incidents. Nous ne sommes pas du tout face à un coup d'eau, c'était plutôt une progression linéaire. Il y a eu des variations de la hauteur de l'eau allant de 50 à 70 centimètres. La progression était donc tout à fait normale compte-tenu des pluies que nous avons observées la veille dans la région de Dinant.

Olivier Pitance se défend : 

Il ne faut pas oublier que la Lesse est un cours d'eau naturel et sauvage. Il y a tous les jours des fluctuations des débits d'eau. Je ne pouvais pas prévoir si le phénomène de la montée des eaux allait s'arrêter ou continuer. Personne ne peut le faire, même nous après 50 ans d'expérience.


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Un seuil maximal de débit de l'eau établi par le SPW qui ne concerne pas la sécurité

Selon les règlements en vigueur en région wallonne, Olivier Pitance avait le droit de mettre les embarcations à l'eau. Bien que le seuil maximal du débit de l'eau soit de 50 m³ par seconde, cette norme est surtout indicative et se concentre davantage sur la préservation de l'environnement que sur la sécurité des passagers, explique Nicolas Yernaux.

Le SPW fixe un cadre via un document qui s'appelle un permis d'environnement et qui fixe donc des normes environnementales. Il n'établit pas du tout des normes sécuritaires. Par exemple, nous avons en effet un débit seuil quand nous sommes en période de sécheresse pour éviter que le kayak ait trop d'impact sur la nature. Nous fixons aussi un débit maximal mais qui concerne essentiellement les kayakistes sportifs et qui leur permet de passer sous les ponts. Ce n'est nullement une indication pour autoriser à mettre n'importe qui sur l'eau à n'importe quel moment.

Olivier Pitance ajoute qu'il existe un plan de sécurité au sein de la société Dinant Evasion qui évolue en fonction du débit de la Lesse. Un plan qui, selon lui, n'a pas pu être mis en place ce jeudi au vu de la rapidité de l'évolution des conditions climatiques.

Ce plan a été approuvé par le SPF pour la protection du consommateur, donc tout cela est bien cadré. Concernant ce jeudi, nous étions confrontés à un phénomène exceptionnel où le débit de la rivière a doublé en deux heures. 

Des mesures restrictives planaient déjà sur l'activité kayak d'Olivier Pitance. Ces derniers événements pourraient peut-être influencer le fonctionnaire délégué chargé de rendre son avis concernant le renouvellement du permis d'exploitation de la société Dinant Evasion dans les semaines à venir.


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Perrine Borlée, Journaliste
Perrine.borlee@matele.be

 
 
 

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