Eau

Sécheresse : la distribution d’eau n’est pas menacée en Wallonie

publié le:17/05/2022 12:01:00 - mis à jour: 18/05/2022 11:54:32

Sécheresse : la distribution d’eau n’est pas menacée en Wallonie

Pour Aquawal, la sécheresse actuelle ne menace pas à court terme la distribution de l’eau. La répétition des épisodes très secs entraîne toutefois une réflexion globale sur les usages de l’eau.

Pour Cédric Prevedello, conseiller scientifique d'Aquawal, l'union des distributeurs d'eau, la sécheresse actuelle n'a pas d'impacts globaux sur la distribution de l'eau en Wallonie. Même si depuis le mois de mars, on constate un déficit de précipitations très marqué, l'approvisionnement en eau des ménages wallon est assurée.

 

Pourquoi le déficit de précipitations n'a-t-il que peu d'impact sur la distribution de l'eau chez nous ?

 

Ce déficit n'est pas très impactant pour la distribution d'eau parce que pour cela, ce qui est important c'est le niveau des nappes sous-terraines. Ces nappes se remplissent en hiver et cet hiver a été correctement pluvieux. La recharge a été bonne, bien meilleure que les années précédentes. Le niveau est même supérieur à celui des années précédentes. A court et à moyen terme, on peut voir venir les choses sereinement. Même s'il pleuvait aujourd'hui, cela ne rechargerait pas les nappes phréatiques, l'eau serait absorbée par la végétation.

 

Certaines communes, comme Rochefort, appellent néanmoins à la vigilance. Comment expliquer ce phénomène ?

 

L'avantage de la Wallonie, c'est d'avoir beaucoup d'eau et une consommation très faible. On a une situation globale qui est favorable en Wallonie. Les épisodes de sécheresse peuvent avoir des impacts ponctuels dans certaines communes, comme Rochefort, qui ont des problèmes ponctuels parce qu'elles ont des captages plus superficiels et qu'elles sont plus dépendantes de la météo. On connaît les points faibles de la distribution d'eau et depuis 2012, une analyse est faite, on met en place un maillage, une interconnexion des réseaux de distribution mais cela prend du temps, ce sont de gros investissements, des centaines de millions d'euros. Vers 2025, tous ces travaux devraient être finis. On sera alors beaucoup plus résilients.

 

>>> A LIRE AUSSI : Rochefort, déjà en vigilance accrue suite à la sécheresse

 

A l'exception notable de 2021, les cinq dernières années ont été très sèches. Est-ce qu'il y a une réflexion à plus long terme sur les approvisionnements en eau ?

 

Les distributeurs d'eau ne sont pas les seuls à utiliser les ressources en eau. C'est le cas des pouvoirs publics, des entreprises, de l'agriculture, de la navigation etc. Par exemple, on sait que le secteur agricole est extrêmement dépendant de l'eau et du climat. Le réflexe des agriculteurs est aujourd'hui d'irriguer. C'est quelque chose qu'on n'a jamais connu en Wallonie. Nous, on voudrait pouvoir leur mettre à disposition d'autres ressources d'eau que les eaux souterraines. On pourrait réutiliser les eaux usées, traitées après les stations d'épuration. On doit se préparer au pire même si j'espère qu'il n'arrivera jamais. A un moment, il pourrait y avoir des compétitions sur les usages de l'eau. Et là, il appartiendra au Gouvernement wallon de définir quels sont les usages prioritaires.

 

>>> A VOIR : L'interview complète de Cédric Prevedello dans le Journal (14 mai 2022)

 

 

Céline Sérusiaux, Rédactrice en chef
celine.serusiaux@matele.be

 

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