Vives tensions entre majorité et opposition à Somme-Leuze. Le sujet peut paraître tout à fait banal, puisqu'il s'agit d'une demande de permis pour une yourte.
Tout commence en 2019, lorsque Maxime Lorquet installe une yourte sur sa propriété en zone forestière. Avec sa partenaire Anne-Sophie, leur objectif est clair : offrir un lieu d'accueil pour les activités nature de leur association « Le Petit Bosquet ».
On offre la possibilité à la collectivité de se réapproprier un type d'animation en pleine nature, dans une commune qui en a aussi besoin. Toute cette offre a une place et on a envie de tenir bon et de continuer à proposer cela.
Rapidement, la question de la légalité de la yourte se pose. Soucieux de se mettre en règle, Maxime sollicite un permis. Mais la commune oppose un refus, au motif que le plan de secteur interdit toute construction en zone forestière. La bourgmestre de Somme-Leuze, Valérie Lecomte, justifie cette position :
Dans le cadre de ce dossier, nos agents DNF ont rendu des avis négatifs et le fonctionnaire délégué aussi. Il est vraiment important pour le collège de maintenir cette ligne de conduite qui nous permet de dire que nos zones forestières ne sont pas destinées à l'habitat.
Estimant leur installation conforme à la loi, Maxime et Anne-Sophie contestent cette décision. Après plusieurs démarches, ils déposent un recours auprès de la Région wallonne.
Un changement de position du ministre qui fâche
Dans un premier temps, le Ministre wallon de l'Aménagement du territoire, François Desquesnes, avait rejeté ce recours. Mais après une médiation, il est revenu sur sa position. Son cabinet explique :
Le Ministre a modifié sa décision car de nouveaux éléments objectifs sont apparus dans le dossier. La première décision reposait sur des informations incomplètes, ce qui a conduit à un refus en 2024. Depuis, des preuves complémentaires ont été apportées.
Ce revirement irrite la majorité communale de Somme-Leuze, qui dénonce une atteinte à la sécurité juridique. La bourgmestre, Valérie Lecomte, s'en inquiète :
On est dans une insécurité juridique surtout pour nos dossiers futurs. Si un citoyen demande un permis et que dans six mois on change d'avis, vous imaginez l'insécurité pour toute la population ?
Dernier recours : le Conseil d'État
Face à cette situation, la commune annonce qu'elle saisira le Conseil d'État. Une décision vivement critiquée par l'opposition locale. Pour Bertrand Bonjean, chef de file de l'opposition, cette procédure est une erreur stratégique et financière :
Ce qui me paraît tout à fait hasardeux, c'est de s'obstiner sur ce dossier avec l'argent des citoyens. Cela risque de coûter minimum 5.000 € rien que pour la procédure, et il me paraît inopportun d'engager autant d'argent, alors qu'au final l'argumentaire de la majorité reste tout à fait flou.
La commune dispose de moins de deux semaines pour introduire son recours. La décision finale reviendra alors au Conseil d'État, qui devra trancher dans ce dossier sensible.