Aménagement du territoire

"STOP BÉTON" à Yvoir : reconvertir des chancres pour économiser les terres

publié le:05/05/2022 11:35:00 - mis à jour: 05/05/2022 18:35:30

"STOP BÉTON" à Yvoir : reconvertir des chancres pour économiser les terres

La Wallonie veut mettre fin à l'urbanisation à outrance. Pour y arriver, elle soutient le réaménagement d'anciens sites industriels. À Yvoir, il y a les Sources de Spontin et l'ancien atelier communal.

C'est inscrit dans la politique générale du gouvernement wallon. La Wallonie a l'ambition de diminuer l'urbanisation via son fameux plan "STOP BÉTON". D'abord, la Région veut plafonner l'artificialition des sols d'ici 2025 avant d'y mettre carrément fin à l'horizon 2050. L'artificialisation des sols, c'est quand on transforme un sol, qu'il soit naturel, agricole ou forestier en l'aménageant pour l'affecter à des fonctions plus urbaines: de l'habitat, du commerce ou des entreprises...

Forcément, cette urbanisation à des conséquences néfastes pour l'environnement. Premièrement, elle accélère la perte de la biodiversité. Elle détruit l'habitat de certaines espèces animales et végétales. Deuxièmement, elle participe au réchauffement climatique et augmente aussi le risque d'inondations. Le sol artificialisé n'absorbe plus le CO2, pas plus qu'il n'absorbe l'eau d'ailleurs.

Le gouvernement wallon planche dés lors sur des solutions pour consommer moins de terres. Il veut privilégier la réutilisation d'espaces. La Wallonie a d'ailleurs dressé un inventaire de toutes les "SAR", les zones à réaménager. Elles peuvent couvrir des dizaines d'hectares ou n'être que de petites parcelles en plein centre-ville.

Des chancres yvoiriens

Ancien fleuron devenu un chancre en pleine vallée du Bocq, l'ancienne usine d'embouteillage des Sources de Spontin fait partie de la liste des sites à réaménager de la Région wallonne. À l'abandon depuis 2010, elle est aujourd'hui interdite d'accès. Mais ce site n'est pas le seul emplacement yvoirien qui mériterait une sérieuse restauration. Dans la rue du Maka, à quelques centaines de mètres à peine de l'hôtel de ville, l'ancien atelier communal est lui aussi délaissé. À terme, il pourrait par exemple être reconverti en immeuble à appartements. Le 1er échevin, Etienne Defresne, est en charge de l'aménagement du territoire dans la commune:

Cela répond à une certaine logique de la Région wallonne qui nous demande de densifier l'habitat existant. Faire du logement au coeur du village, cela a du sens.

Dans le Namurois, la Région wallonne a relevé 633 sites à réaménager, soit un potentiel de plus de 1300 hectares à reconvertir. Le BEP accompagne les communes dans la reconversion de ces sites, peu importe la vocation finale. Fabrizio Cipolat est directeur du développement territorial au Bureau Économique de la Province de Namur:

La Wallonie travaille actuellement sur le réaménagement de sites industriels de grande ampleur. Mais sur la province de Namur, on parle aussi de petits sites situés au milieu des villages.

Réaménager à quels prix ?

Dans certains cas, la réhabilitation peut s'avérer onéreuse. Etienne Defresne le confirme:

Dans l'ancien atelier communal, on a fait le plein des véhicules. On y a fait également de la soudure, des vidanges,... Le sol est donc pollué. Abattre les bâtiments, ce n'est rien comparé à la dépollution des sols.

Pour préserver la terre et l'environnement, objectif premier du plan "STOP BÉTON", certains terrains pourraient perdre leur titre de zone constructible. Découlerait alors un autre enjeu majeur, financier cette fois.

La valeur d'un terrain à bâtir ou qui ne l'est pas, c'est un rapport de 1 à 10. Qui va indemniser les personnes dont le terrain n'est plus tout d'un coup constructible ? La commune ? Cela va être compliqué.

La Région wallonne interviendrait sans doute. Mais on évoque des sommes folles, des centaines de millions voir des milliards d'euro d'indemnisations. 

Antoine Peret, Journaliste
antoine.peret@matele.be

 

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